Pour les mélomanes des années 50 à 70, Kamal Band évoque une époque où un certain orchestre oriental ti pe met lanbians dan gamat. Presque soixante ans après, les Goburdhun père et fils portent toujours à bout de bras les valeurs et idéaux de cette formation, qui tient son ADN de son esprit de cohésion et d’ouverture…
Apprêtés avec élégance en tenue classique, Coomar et Kabir Goburdhun, le père et le fils, nous accueillent au sein de leur temple musical, aux abords d’une route du quartier St-Patrick à Rose-Hill. La décoration moderne et accrocheuse de ce petit studio se décline dans des teintes sombres. Batterie, clavier, dholak, guitare, harmonium, tabla et autres instruments se côtoient et se complètent dans une belle harmonie. Les coupures de presse, que le fils a soigneusement rangées dans un classeur, témoignent du vécu de Coomar Goburdhun. Un maître d’école devenu maître d’orchestre, et l’un des plus anciens musiciens et chanteurs à toujours se produire, à 70 ans, avec le même entrain et la même passion sur les scènes.
Le Kamal Band ne serait qu’un lointain souvenir aujourd’hui si Kabir Goburdhun n’avait pas hérité de la passion musicale de son père. “Je me suis retrouvé esseulé dans l’orchestre en 1999, car tous les musiciens avaient déserté avec les instruments pour des raisons diverses. Mon fils Kabir m’a réitéré son amour pour la musique et son rêve d’enfant de faire partie de cet orchestre qu’il admire depuis qu’il est tout petit”, confie Coomar Goburdhun. Il trouve la force de recomposer le Kamal Band en recommençant à zéro, avec l’achat de nouveaux équipements. Épaulé par Kabir et soutenu par son autre fils Zaheer, il cherche de nouveaux musiciens qui correspondent aux valeurs de l’orchestre : faire la musique par passion et pour que le public s’amuse.