Le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun

Encourager les familles mauriciennes à produire leurs propres légumes chez elles. C’est dans cette optique que le ministère de l’Agro-industrie procède à la mise en œuvre du Mini Sheltered Farming Scheme, annoncé dans le budget en juin dernier. Grâce à ce plan d’aide, chaque famille peut bénéficier d’un financement de Rs 10 000 pour la construction d’une serre. Cinq cents unités sont disponibles et les Mauriciens sont appelés à s’inscrire au plus vite pour en bénéficier.

Le Mini Sheltered Farming Scheme est un plan d’aide annoncé par le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, dans son discours budgétaire et mis sur pied par le ministère de l’Agro-industrie. Il est destiné à tous ceux qui souhaitent construire une mini-serre chez eux. L’objectif vise à encourager les Mauriciens à produire leurs propres légumes. « Nous préconisons la construction d’une petite serre, de 10 m2, afin que chaque foyer puisse produire ses propres légumes. La serre est complètement couverte pour empêcher l’intrusion des insectes. De plus, quand une personne cultive ses propres légumes, elle sait ce qu’elle mange. Elle n’aura pas à craindre la forte dose de pesticide ou d’insecticide », affirme Dr Seelavarn Ganeshan, CEO du Food and Agricultural Research and Extension Institute (FAREI).

En effet, le Mini Sheltered Farming Scheme s’insère dans le cadre du développement durable. Dans son discours budgétaire, Pravind Jugnauth avait fait ressortir qu’il était important de veiller à ce que les fermes protégées soient équipées de systèmes de récupération des pluies et de la technologie photovoltaïque. De ce fait, le gouvernement propose un Mini Sheltered Farming Scheme, qui vise à promouvoir les microjardins, l’agriculture verticale et le jardinage sur le toit. Dans le cadre de ce programme, une subvention pouvant aller jusqu’à Rs 10 000 sera versée aux familles éligibles.

Outre les mini-serres, les bénéficiaires de ce plan d’aide peuvent se lancer dans l’agriculture verticale comme préconisé dans le budget. Cela dit, ils peuvent faire pousser des légumes sur des étagères. Une troisième option est aussi disponible. Les bénéficiaires pourront faire cultiver des fruits ou légumes dans des conteneurs, comme le sceau, le conteneur d’eau, entre autres.

Le ministère financera en partie la construction de la mini-serre. Un budget de Rs 5 millions a été alloué pour ce projet, permettant de construire 500 unités. Selon le Dr Ganeshan, la construction d’une mini-serre peut coûter jusqu’à Rs 16 000. Le gouvernement finance ce projet à hauteur de Rs 10 000 par foyer. Ce plan d’aide, dit-il, est destiné à des familles dont les revenus ne dépassent pas Rs 650 000 par an. Ces foyers doivent avoir l’espace requis pour la mise sur pied de la “mini net house”. Chaque famille y aura droit à une seule. De plus, les familles dont les revenus annuels dépassent la somme de Rs 650 000 peuvent aussi construire une mini-serre. Toutefois, elles ne bénéficieront pas du plan d’aide. En revanche, la FAREI leur dispensera les formations nécessaires et les assistera dans la mise sur pied du projet. De plus, elles auront accès à la liste des fournisseurs de serres au FAREI.

À noter que trois modèles de mini-serre sont disponibles à la station de Wooton. Les Mauriciens pourront avoir une idée claire sur la structure, ainsi que son fonctionnement. Ils ont jusqu’au 21 décembre pour s’inscrire à ce plan d’aide et d’ici à janvier, les premières mini-serres seront construites.

Dans la même foulée, la Banque de Développement de Maurice (DBM) a lancé un appel, invitant le public à venir s’inscrire au Mini Sheltered Farming Scheme. Ce plan d’aide vise à construire 100 fermes au cours des deux prochaines années. Dans ce cadre, les fermes seront disponibles sur une base “Ready-To-Operate” et des installations comprenant la sécurité et le marketing seront fournies. L’EDB aidera ces nouveaux agro-entrepreneurs à commercialiser leurs produits tant au pays qu’à l’étranger. Le FAREI apportera aussi l’assistance technique et le mentorat nécessaire aux jeunes diplômés et aux PME dans l’élaboration de leurs projets agricoles. À noter qu’un taux préférentiel de 3% sera appliqué et que tous les revenus tirés de ces projets seront exonérés d’impôts pendant les huit premières années.

Selon le Dr Ganesha, l’objectif est de réduire l’importation de légumes. Deux types de fermes sont prévus sous ce plan d’aide, la première d’une superficie de 4 000 m2 et la seconde de 500 m2. « Ce projet est piloté par la DBM. L’inscription est ouverte à toutes les familles mauriciennes, à condition qu’elles bénéficient pour la toute première fois d’un plan d’aide pour ce genre de projet. Les planteurs auront un cahier des charges à respecter. Cela dit, ils ne cultiveront que ce qui est préconisé par le FAREI. La formation est assurée par ce dernier », explique le CEO.

À la DBM, l’on explique que c’est un projet lancé sur intérêt social. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de l’Agro-industrie et le FAREI. Cinq sites ont été identifiés pour la construction de 50 fermes. Trente fermes hydroponiques de 500 m2 chacune seront construites sur un terrain de 1 500 m2 à Melrose, Beau Climat et Caroline alors que 20 serres de 4 000 m2 chacune seront construites sur un terrain d’un arpent à Solitude et à Plaine-Magnien. Les sites seront alimentés en électricité et en eau. De plus, un loyer mensuel nominal de Rs 8 000 et Rs 5 000 sera perçu pour les exploitations hydroponiques et nettes sur une période de dix ans avec un moratoire de six mois », soutient une source de la DBM.

À noter que les Mauriciens ont jusqu’au 28 décembre prochain pour s’inscrire à ce projet. Les formulaires peuvent être déposés à la DBM ou aux bureaux du FAREI.