Alors que les planteurs ont déjà perdu plus de 50 % de leur production vivrière avec les récentes grosses pluies, l’approche du cyclone Berguitta leur fait craindre le pire. Les Mauriciens devront non seulement avoir recours aux légumes importés, mais aussi aux légumes en conserve et surgelés.

Selon Kripalloo Sunghoon, président de l’Association des planteurs, la production vivrière a baissé de 50 % en raison des récentes grosses averses. Les légumes et plantes ont été affectés par la lixiviation des nutriments, l’érosion par débordement et ils seront bientôt recouverts de mauvaises herbes.
Kripalloo Sunghoon explique, par ailleurs, que les planteurs produisent entre 2 500 et 2 700 tonnes de légumes par semaine en temps normal. Mais depuis quelques jours, ils ne parviennent à en produire que 100 tonnes. Maintenant, avec le pays en alerte cyclonique, il dit craindre le pire.
« Déjà, la production a considérablement baissé. Nous devons nous attendre au pire avec le passage du cyclone Berguitta. Même les plantes et légumes cultivés dans les structures protégées ne résisteront pas aux averses et rafales qui accompagnent le cyclone », dit-il.
Et d’ajouter que les jours à venir seront très sombres pour le planteur qui a perdu ses investissements et ses moyens de subsistance en même temps. « Même s’il veut réorganiser son activité, il devra nettoyer le champ, analyser le sol, préparer et fertiliser la terre, obtenir les bonnes informations, se procurer des semences fiables et de bonne qualité, chercher du travail pendant deux à trois mois avant d’obtenir le premier revenu. Pendant ce temps, c’est-à-dire, pendant au moins quatre mois, sa famille sera forcée à mener une “frog life” », déplore Kripalloo Sunghoon.
Pour cette raison, les membres de la Small Planters Association se sont réunis dimanche 14 janvier pour décider de la marche à suivre. À l’issue de cette réunion, ils ont décidé de rédiger une lettre au ministre Mahen Seeruttun, pour lui faire quelques propositions. Cette lettre a été remise à la secrétaire du ministre hier.
La Small Planters Association a mis en avant huit propositions : une ligne de crédit à la DBM à intérêt nominal ; mettre à la disposition des planteurs des outils du ministère et du SPMPC pour le nettoyage et la préparation des terres ; disponibilité des informations sur la nouvelle plantation (légume, superficie, date et région) pour éviter la surabondance ; facilité d’analyse du sol et recommandation ; veiller à ce que la quantité et la qualité des différentes graines soient disponibles sur le marché à un prix raisonnable ; mise en alerte du service de lutte antiparasitaire ; révision de la question de l’assurance ; et que l’importation de légumes destinés à la consommation publique soit effectuée par l’intermédiaire de l’AMB afin d’avoir un meilleur contrôle sur le commerce de détail.