Ils étaient plusieurs bodybuilders à prétendre au titre de champion du monde de Men’s Physique (fitness), à Mexico City, dans le cadre de cette compétition organisée par la World Amateur Body Building Association (WABBA). C’est le Mauricien Aldo Farla, originaire de Curepipe, qui est monté sur le toit du monde contre toute attente.
Rien n’était pas gagné d’avance pour celui qui avait remporté le titre de M. Curepipe en 2016 et deuxième en overall derrière Michael Gérie. Aldo Farla le confie lui-même sur sa page Facebook dimanche dernier, après sa consécration. « La préparation était difficile financièrement. J’ai dû m’endetter pour pouvoir aller au Mexique. La qualification pour un championnat du monde n’est pas une mince affaire et la vie d’un bodybuilder non plus. Certaines personnes en qui j’avais confiance ont refusé de m’aider », a-t-il écrit.
Les Mauriciens sont faibles, lui a-t-on également dit. Mais les préjugés n’ont aucunement entravé le rêve du Mauricien. Lors de la partie scénique de la musculation où le corps dans son esthétisme, Aldo Farla y a mis tout son coeur. Sur scène, les compétiteurs s’enchaînent, tendent leur impressionnante musculature. Parmi les concurrents, des « monstres » et M. Monde 2016. De quoi revoir ses ambitions à la baisse, lui qui espérait être au moins dans le top 4.
« Je n’ai pas cédé à la peur. Je savais que Dieu était à mes côtés. Je vivais l’étape la plus difficile de ma carrière. Pendant la rotation qui a duré plus de 25 minutes, où il fallait contracter les abdos tout en gardant le sourire, j’ai cru que j’allais tomber tellement j’avais des crampes. J’ai alors commencé à prier et je me suis retrouvé face aux difficultés que j’ai vécues et celles auxquelles j’allais faire face à mon retour au pays. Crampes ou pas, j’ai pris sur moi. C’était ma seule chance », relate-t-il.
Au moment de la proclamation des résultats, le Curepipien s’est retrouvé dans le top 6 dans un premier temps. « J’étais très fier. Les personnes qui pratiquent ce sport au haut niveau me comprendront. La sixième place a une grande valeur », souligne le bodybuilder, sans se douter que dans les minutes qui suivent, il allait connaître la gloire. En effet, au fur et à mesure, il n’était plus que deux en scène : Aldo Farla et le tenant du titre.
L’annonce de sa consécration comme champion 2017 a eu un effet de choc pour le Mauricien. « J’ai eu un vide et mes larmes ont commencé à couler. Mon coach le grand Rudy Sassoli est ensuite monté sur la scène avec notre drapeau national. Ce fut un très grand moment. Je remercie le seigneur pour son accompagnement, ma famille et mes amis. Je dédie cette grande victoire à ma filleule Lulu et aussi à mon défunt papa », a-t-il déclaré. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, sera à l’aéroport SSR de Plaisance demain matin à 8h40 pour accueillir le champion du monde de fitness.