Un Mauricien de 38 ans champion du monde de Men’s Physique (fitness) dans le domaine du culturisme. Aldo Farla a réalisé cet exploit dimanche dernier à Mexico City dans le cadre de cette compétition organisée par la World Amateur Body Building Association (WABBA). Au classement final, il a devancé un Italien qui était le détenteur du titre. Il est à souligner qu’un concours de Men’s Physique met surtout l’accent sur la symétrie du corps, la définition des muscles et la façon de poser sur scène.
Aldo Farla n’est pas réellement un inconnu dans le domaine du culturisme local. Lors du concours M. Curepipe l’année dernière, il s’était imposé dans la catégorie -90 kg et avait obtenu la deuxième place en overall, étant devancé par Michael Gérie. Reste que c’est dans le domaine du Men’s Physique qu’il devait se surpasser. Et ce, malgré les préjugés et les obstacles qui se sont dressés sur sa route avant son déplacement pour le Mexique. « C’était très difficile financièrement. J’ai dû m’endetter afin de pouvoir effectuer le déplacement », souligne-t-il. Toutefois, il voulait réaliser son objectif. « Le fait de s’entraîner s’avère parfois une question de vie ou de mort. Celui qui possède cette passion peut le comprendre. »
Tant et si bien qu’Aldo Farla voulait se donner à fond sur scène, malgré la rude concurrence. « Au début, je m’étais fixé comme objectif de me retrouver parmi les quatre premiers », avance-t-il. Cependant, en voyant ses adversaires, il songeait à revoir ses ambitions à la baisse. Reste que le désir de faire taire ses détracteurs, cette folle envie de réussir et de faire plaisir à ceux qui croyaient en lui devaient vite prendre le dessus. Face aux membres du jury, la partie était loin d’être facile, avec les différentes rotations sur scène pendant près de 25 minutes, l’art de poser avec toujours le sourire.
Au fil de la compétition, le Mauricien devait se retrouver parmi les six premiers. « C’était déjà une fierté. » Puis, ce nombre diminuera jusqu’à l’attribution du titre. « Je n’ai pu retenir mes larmes. Surtout quand j’ai vu mon entraîneur Rudy Sassoli venir sur scène avec le drapeau national. Un moment fort et unique », laisse-t-il entendre. Alors qu’il regagnera le pays au début de la semaine prochaine, Aldo Farla tient à dédier cette consécration mondiale à son filleul qui fêtait son anniversaire en ce jour béni, à son défunt père et aux autres membres de sa famille. Une consécration qui lui a permis de prouver que la fortune sourit toujours aux audacieux.