Traverser Curepipe ces jours-ci, c’est un peu comme avoir à emprunter les ruines d’Alep, ville syrienne ravagée par les bombardements. Dans l’agglomération, jadis connue comme la Ville lumière, c’est le chaos généralisé. Avec la CWA, c’est fouilles, refouilles et re-re-fouilles depuis plus d’une année sur les principales artères avec ces crevasses qui apparaissent à la moindre averse, ce qui, reconnaissons-le, est loin d’être une exception dans cette région, avec ce que cela représente comme inconvénients pour tous les usagers, automobilistes, motocyclistes et piétons. Les riverains de la route principale, des avenues Brown-Sequard, Gabriel-Froppier, Frédéric-Bonnefin et Célicourt-Antelme, qui sont des artères très empruntées, en ont vraiment marre de ces travaux d’excavation à n’en plus finir.
Mais ce n’est pas le seul problème. Les habitants déplorent qu’aux heures de grande circulation, il n’y ait pas de contrôle de la police dans le centre-ville. Mais comme le font remarquer certains Curepipiens, la police, elle-même, est un problème avec les voitures de fonction et celles personnelles d’agents qui sont garées un peu n’importe où sur la route du Jardin à proximité du commissariat et dans la rue du tribunal.
La rue de la Cour de Curepipe, parlons-en! Policiers, détenus, et leur parents et autres justiciables semblent l’avoir transformée en voie piétonnière parce qu’ils se mettent à parlementer au milieu de la rue. Une habitante raconte que, vendredi, pour pouvoir avancer, elle a dû donner un petit coup de klaxon pour que les “obstructeurs” dégagent. Le policier, qui squattait la chaussée, n’a rien trouvé de mieux à faire que d’interpeller la conductrice pour lui rappeler que l’on ne klaxonne pas devant la Cour. Question : “Comment je fais pour que vous me laissiez passer et que vous ne vous mettiez pas au milieu de la route?” Réponse du policier qui se comportait plus comme un repris de justice que comme un agent de l’ordre: “Il faut attendre.” Après avoir dit son fait au policier, la conductrice a quand même pu continuer sa route.
Ce n’est pas tout, avec l’arrivée d’un centre d’examen de conduite à Curepipe, les moniteurs d’auto-école ont décidé d’élire domicile devant le Collège Royal. C’est là qu’ils se mettent en file indienne pour attendre leurs élèves aspirants-conducteurs. Ils sont d’ailleurs en très bonne compagnie puisqu’un van de Coronation s’est approprié la meilleure place devant le collège, juste au pied de la statue des soldats inconnus, et le conducteur vend ses billets de la loterie verte aux étudiants du RCC. Presque un racket.
Et la municipalité dans tout ça ? Y a-t-il une municipalité à Curepipe depuis plus d’une année ? C’est une vraie question. Entre repeindre les rembardes, démolir le Forum, essayer de donner des permis d’échoppes à Trou aux Cerfs, rien à signaler sauf ces conseillers qui se posent en grands donneurs de leçon sur les radios privées. Jamais cette ville n’aura été aussi médiocrement représentée et servie !