« Mo dimann bann militan fer enn sakrifis, enn zefor vizavi MSM », a plaidé le leader du MMM hier à Curepipe devant une salle des fêtes municipale archicomble à l’occasion du congrès de mobilisation du 1er-Mai. Outre les circonscriptions n° 17 (Curepipe/Midlands) et n° 1 (GRNO/Port-Louis-Ouest) où le choix des candidats se révèle un exercice délicat, Paul Bérenger demande un effort spécial de la part des militants de Stanley/Rose-Hill et Beau-Bassin/Petite-Rivière. « Nimero 19 ek 20 bizin donn lekzamp : fer plas pou MSM. Ena kandida pou bizin fer sakrifis, bouze ou pa poze. »
« Le MSM a fait un bel effort en acceptant de ne pas aligner Sunil Dwarkasing au No 17 (Curepipe/Midlands) », a souligné le leader du MMM qui dit s’attendre à ce que les militants de la circonscription en fasse de même vis-à-vis du MSM. Auparavant, Paul Bérenger avait regretté la prise de position d’Éric Guimbeau qui a décidé de prendre ses distances du MMM. « Kan nou ti ena 60 kandida Eric ti demann enn tike, kan zordi nou ena 30 kandida, li demann 2 tike, abe li pa lozik ditou. »
S’agissant de la candidate que voulait aligner ce parti « nou ti dir li pli divan si pena kandida, nou ava gete », a affirmé Paul Bérenger. Entretemps, a ajouté le leader des Mauves, certains renseignements obtenus ont contraint son parti à refuser cette candidature. Aux partisans du MMSD présents hier, il s’est référé à son “diary” pour démontré sa bonne volonté vis-à-vis du leader de ce parti. « En l’espace de trois semaines, je l’ai rencontré quatre fois : le 29 mars, les 3, 6 et 11 avril. Nous l’avons invité à tous nos rassemblements et même à prendre la parole le 1er-Mai, mais Éric Guimbeau a refusé. » Il espère néanmoins que le leader du MMSD, qui a demandé un temps de réflexion, se ressaisira et fera montre d’un esprit fair-play.
“Roches-Noires-gate”
Sur un plan global, Paul Bérenger estime que « la meilleure chose qui puisse arriver c’est d’avoir une bonne réforme électorale, ensuite des élections ! » Si Navin Ramgoolam avait à coeur l’intérêt du pays, déclare le leader du MMM, il aurait suivi l’exemple de la Hollande, une démocratie où le Premier ministre a décidé de rappeler le pays aux urnes après que le Budget présenté par son gouvernement n’a pas été adopté. Toutefois, s’il dit espérer « ki ena reform elektoral », il doute « ki Ramgoolam pou ena kouraz fer li », bien que le leader rouge aurait intérêt à considérer cette option, selon lui. « Travayis ti pou kapav gayn inpe depite, me si pena reform li tase ! »
Auparavant, le leader du MMM avait réitéré sa détermination à faire la lumière sur le « Roches-Noires-gate », soit l’affaire du vol dans le campement du Premier ministre. Soulignant que le bungalow est équipé de caméras de surveillance, Paul Bérenger lâche : « Abe pass film la nou gete ! » avant d’ajouter que lors de sa conférence de presse radiophonique, le PM avait appelé sir Anerood Jugnauth “bhai looke”. « Abe si ti ena enn sel dimounn ti pe dormi laba, kifer to apel SAJ bhai looke ? » s’est-il interrogé devant une assistance hilare. Cependant, poursuit-il, « nou aret riye kan nou kone ki finn ena mort d’homme ; met pendi dan station Rempart ». Et de promettre : « Mo pou suiv sa ziska dan bout ! »
Paul Bérenger est revenu sur l’affaire STC/Betamax et le rôle du Premier ministre, qui aurait « met presion » lors des réunions du Cabinet. Idem pour le scandale MedPoint. Il insiste que le document qu’a signé Pravind Jugnauth le 23 décembre 2011 – et qui avait eu l’aval du Financial Secretary et de “top officials”– recommandait explicitement que toutes les procédures d’appels d’offres soient scrupuleusement suivies au préalable. « Charge provisoir ICAC pa vo narnye. »
D’autres orateurs ont pris la parole, dont Sailendra Gokhool, Satish Boolell, Reza Uteem, Françoise Labelle et Motee Ramdass. Présidant le congrès, Steve Obeegadoo, nostalgique du temps où avec Satish Boolell et Éric Guimbeau ils formaient une équipe soudée au No 17, a lancé un appel à ce dernier de « mett pei avan tou parski sityasyon grav ».