Le problème dure depuis plusieurs années : l’accès menant à l’école primaire gouvernementale de Robinson, à Curepipe, est envahi régulièrement par les eaux usées qui semblent provenir des maisons situées sur des terres plus élevées. Les parents des élèves craignent d’éventuels risques sanitaires.
Cela fait maintenant plusieurs années que les élèves qui fréquentent l’école primaire de Robinson, à Curepipe, aussi bien que les parents, subissent des désagréments liés directement à l’écoulement des eaux usées sur la ruelle (communément appelée « chemin l’école ») menant vers l’établissement. Cet accès hautement fréquenté le matin et l’après-midi est situé entre l’arrêt d’autobus et l’école primaire. Avec l’accumulation des eaux usées, les odeurs nauséabondes sont devenues le quotidien cauchemardesque d’un nombre important d’élèves. Une mère de famille que nous avons rencontrée au cours de notre reportage et qui est venue récupérer son enfant après les heures de classe, témoigne avec désolation : « Plizir fwa noun fer conplint. Sa delo-la fer malang ek microb. Pou zanfan li pa bon. Kan ena lapli sa delo-la santi pi. » Elle raconte que récemment à la suite d’averses, elle a glissé et a failli tomber. Cela aurait pu avoir de graves conséquences, dit-elle.
La Parent Teachers Association (PTA) est régulièrement interpellée. Lors des assemblées générales, cette affaire qui hante le quotidien des élèves, est à maintes reprises soulevée par les parents qui déplorent qu’aucune solution n’ait été trouvée. Et devant cette situation incommodante qui traîne depuis des années, les parents s’interrogent si les problèmes de santé et d’éducation constituent bien une priorité pour les autorités et la ville.
Selon Menon Chemben, président de la PTA de l’école, ces eaux usées proviennent des maisons situées sur des terrains élevés; faute de moyens d’évacuation, elles s’accumulent sur l’accès menant vers l’école, qui se trouve à un niveau inférieur.
Baldeo Odnah, un septuagénaire habitant en bordure de route sur des terres plus basses, confie que les eaux usées s’accumulent près de sa maison. Selon lui, cela fait une dizaine d’années que le problème dure. « Kan inn ranz lakaz delo sal-la pena sime pou sorti lerla delo-la akimile deryer mo lakaz », explique-t-il. Il nous invite à l’intérieur de sa maison et tire la chasse d’eau de ses toilettes pour nous montrer que ces eaux usées ne proviennent pas de chez lui. En guise de solution temporaire, ce septuagénaire a fait entreprendre des travaux de fouilles il y a environ un mois pour espérer assainir ces eaux. « Mo fer ar seki mo ena parski mo enn pansioner. Mone resi gagn Rs 2 000 pou koumans bann travo. Kouma mo gagn kass enkor mo pou fer fouye. Dan enn mwa mo pou fini », assure-t-il. Mais là encore il s’agit d’une solution temporaire puisqu’une odeur nauséabonde se dégage toujours de la fosse et attire les insectes. Il affirme que la Police de l’Environnement menacerait de lui servir une amende de Rs 10 000 pour pollution.
Menon Chemben, le président de la PTA, souligne les problèmes liés à la présence de ces eaux usées : mauvaises odeurs et risque de maladies bactériennes pour les enfants. Sans compter les enfants et parents qui font des chutes, la chaussée ayant été rendue glissante. « Le chemin est impraticable les jours de pluie », soutient d’emblée Menon Chemben. Le président de la PTA a fait part de cette situation aux autorités — la Wastewater Management Authority, le département sanitaire, la municipalité de Curepipe — mais en vain. Il semblerait que chacun se renvoie la balle.
Plusieurs correspondances ont par ailleurs été envoyées aux autorités compétentes. Une lettre datant d’octobre 2011 adressée au maire de la ville, au Chief Executive de la municipalité de Curepipe, au département sanitaire de la ville — soutenue par des photos — fait état de ce problème : « This is to inform you that the lane leading to Robinson Government School is quite often flooded by wastewater flowing from houses on higher lands and the accumulation of the water on the road side causes much inconvenience and nuisance to both parents and pupils moving along this lane to and from the school. »
S’exprimant au nom des parents, Menon Chemben réclame que des ingénieurs qualifiés viennent faire un constat des lieux pour déterminer la source du problème, en vue de trouver des mesures appropriées, vu l’urgence de la situation et les risques sanitaires qu’elle présente.