La démolition des « bâtiments » Piton et Ramdin à Curepipe a eu lieu jeudi et les débris ont été déblayés hier. Toutefois, les structures appelées « new kiosk », regroupant 42 marchands de nourriture et de vêtements, ont été épargnées, une situation que ne manquent pas de dénoncer les conseillers de l’opposition qui parlent de « politique de deux poids deux mesures ». À cela, le maire de Curepipe Mario Bienvenu laisse entendre que « ces marchands sont en règle ».
Les new kiosk, situés à côté de la Gare Yan Palach Nord, n’ont pas été démolis. Cet édifice accueille une quarantaine de marchands qui seraient, eux, en règle soutient le maire de la ville Mario Bienvenu.
« Nous avons délogé les marchands de rue et marchands ambulants non seulement à cause du projet de métro léger mais aussi parce que ces structures représentaient une menace à la fois pour les marchands et pour le public », explique Mario Bienvenu s’agissant de l’ordre de démolition. Ces bâtiments se trouvent sur un « land leased by government unto the municipal council of Curepipe ».
Cette semaine, la municipalité compte enclencher la phase II de son projet, soit la restauration de l’espace abritant autrefois les « bâtiments » Piton et Ramdin pour les fêtes de fin d’année. « Nous prônons avant tout la propreté de la ville et nous sommes sur la bonne voie », a lancé le maire de Curepipe.
En attendant, la tolérance zéro à l’égard des marchands de rue se poursuit. Malgré les manifestations et tentatives de pourparlers, Mario Bienvenu campe sur sa décision et ne compte pas céder. « Je suis pour le dialogue. C’est pour cela que j’ai accepté de rencontrer des politiciens de tous bords. Toutefois, je ne compte pas revenir sur ma décision. C’est pour le bien des Curepipiens », dit-il. Et de soutenir que « Curepipe est une ville autonome ».
Du côté des marchands ambulants, la résistance se met en place. En effet, ils ne cessent de manifester devant la municipalité de Curepipe dans l’espoir que Mario Bienvenu revienne sur sa décision. En fait, ils contestent le projet de relogement au Forum de Forest-side et demandent un « sursis » afin qu’ils puissent opérer jusqu’à la fin de l’année.
Salim Muthy, porte-parole des colporteurs, dénonce pour sa part l’opacité de ce projet de relogement, pointant du doigt principalement le manque de dialogue à ce sujet.
Par ailleurs, la municipalité de Curepipe ne compte pas s’arrêter là. D’autres zones de la ville regroupant des marchands ambulants sont également dans le collimateur du maire. Concernant le projet de relogement, 46 marchands se sont à ce jour inscrits pour un espace au Forum. Les premiers marchands y travailleront à partir de demain.