Le redécoupage électoral et le MMSD ont corsé la tâche des deux principales alliances à Curepipe durant la campagne écoulée. Théoriquement la nouvelle configuration des wards pencherait davantage en faveur du PTr. En effet, le parti pourra compter sur les électeurs au no. 16 (Vacoas) qui, lors des législatives, votent rouge par tradition et qui, avec le redécoupage, ont été basculés à Curepipe. Le PTr pourrait aussi tirer avantage des électeurs de Dubreuil et Midlands, villages non négligeables qui font désormais partie du ward III et qui participeront pour la première fois aux municipales.
Dans le camps des mauves, on est conscient du poids des deux villages dans la balance. Et c’est d’ailleurs pourquoi le député de la ville, Steve Obeegadoo, lors du dernier grand rassemblement des effectifs mauves, jeudi soir, a demandé à ceux-ci « d’aller mobiliser un maximum de personnes à Midlands et Dubreuil. »  Hier matin, alors qu’il était en tournée dans le centre de Curepipe, le ministre des Affaires étrangères, Arvind Boolell, également campaign manager des candidats de l’Alliance Sociale, confiait que les wards I et IV ont eu une attention spéciale durant la campagne! Pour cause, ces deux arrondissements comptent un grand nombre de sympathisants du MMSD d’Eric Guimbeau, parti qui aligne 15 candidats aux municipales. Chaque vote allant aux candidats de ce parti amenuisera les scores des deux grands blocs, ce qui n’est pas bon signe pour les rouges qui veulent garder leurs assises à la mairie de cette ville, mauve depuis deux ans. Et c’est avec en tête la performance du MMM et d’Eric Guimbeau aux Législatives en 2010 que les rouges ont mené leur campagne. Si en 2005, la vague rouge a déferlé sur la mairie, les élections générales en étaient pour quelque chose. Sept ans après, la donne a changé pour le PTr à Curepipe.
Quoi qu’il en soit, le MMSD d’Eric Guimbeau peut se targuer d’être le seul parti à inquiéter les deux alliances durant ces municipales. L’approche prônée par Eric Guimbeau, connu pour être un député de proximité, même en dehors des campagnes électorales, sera sans aucun doute payante pour les candidats de son parti. « Mo pa pe pran vot personn », répliquait le leader du MMSD, jeudi dernier, au congrès du parti à l’Hôtel de ville, face aux attaques de ses adversaires. Ces derniers n’ont raté aucune occasion pour comparer ses interventions à des « shows à l’américaine! »
D’autre part, ces deux dernières semaines ont aussi démontré la popularité d’Eric Guimbeau auprès des jeunes. « Ce n’est pas son statut ni son argent qui ont amené Eric Guimbeau à travailler pour les habitants de Curepipe. Il a toujours été prêt à aider », confiait un jeune habitant de la ville. Et si le MMSD fait son entrée à la mairie de Curepipe, ces municipales seront la preuve que même sans faire alliance avec un bloc important, Eric Guimbeau est, en effet, un dinosaure que le PTr ou le MMM aura intérêt à séduire avant les prochaines Législatives. Du côté de l’alliance Remake 2 000, le MMM a véritablement lead la campagne. A Curepipe, le MSM sans Sunil Dwarkasing— populaire dans certaines cités et à Dubreuil/Midlands —  n’est pas forcément un allié de poids. Remporter les élections pour reconquérir le milieu urbain est, pour Satish Boolell, un des objectifs de l’alliance MMM/MSM.