L’enjeu est de taille. Alors que les travaux préliminaires du projet métro à Curepipe sont entamés, un obstacle se dresse sur la route de Metro Express Ltd (MEL). Plus d’une cinquantaine de maisons et de terres empiètent sur le tracé à Floréal. Selon nos informations, le comité présidé par le ministre du Logement et Terres, Steven Obeegadoo, fait face à la résistance d’une dizaine d’habitants dont les maisons ou les terres devront être reprises par l’État pour le démarrage des grands travaux dans quelques semaines. « Les négociations pour indemniser les occupants sont ardues, d’autant que certaines maisons devront être totalement détruites alors que d’autres propriétaires auront plus de chance, car uniquement 3 ou 4 mètres de leur terrain uniquement seront repris », nous confie une source proche du dossier.

Week-End a rencontré quelques-uns de ces propriétaires réfractaires qui confirment avoir reçu une lettre les informant des négociations. « Nous attendons la visite du ministre Obeegadoo », indique une octogénaire qui habite le quartier depuis 50 ans. Un autre habitant concerné par l’expropriation dit avoir reçu la visite des inspecteurs du ministère du Logement et des Terres, ajoutant ne pas vouloir coopérer sans la présence de leurs avocats.

À propos de l’indemnisation, notre source souligne que « cela se fera en vertu de certaines provisions de la Land Acquisition Act. Du moment où ces personnes sont informées de la volonté du gouvernement d’acquérir obligatoirement leur terre ou leur maison, les occupants touchés par l’ordre d’évacuation ont soit la possibilité de contester le montant de leurs indemnités auprès d’un Board of Assessment, tout en étant obligés de quitter leur propriété, soit de contester en Cour suprême la légalité de la décision du gouvernement de les exproprier. Dans ce deuxième cas de figure, les occupants peuvent continuer à rester dans leur maison jusqu’à ce que la cour tranche. »