Alors que le patrimoine de la ville tombe en ruine, les travaux de rénovation ne démarreront pas avant mars prochain. Pour protéger une partie de la toiture de l’hôtel de ville, la mairie a eu recours à une bâche… Le maire, Mario Bienvenu, qui entame sa deuxième année de mairat et qui concède son engouement pour la politique, aura à trouver les bons arguments pour expliquer lors du prochain conseil municipal dans un peu plus d’une semaine, pourquoi le lifting du bâtiment prend du retard.
Malgré l’état de l’hôtel de ville et un rapport qui ne tombera pas avant mars prochain, Mario Bienvenu, le maire de Curepipe et les conseillers de l’opposition (MMM/MSM) partagent la même priorité en ce début d’année. En effet, le maire et les conseillers mauve veulent sauver le bâtiment historique et culturel de la ville! Mais, si les deux parties ont la même ambition, toutefois, elles ne sont pas pour autant sur la même longueur d’ondes lorsqu’il s’agit des moyens financiers déployés pour parvenir à la rénovation de l’hôtel de ville. Si le maire MMSD se dit satisfait du Memorandum of Understanding signé entre la municipalité et l’association SOS Patrimoine en péril, laquelle mènera les travaux, de son côté le camp adverse n’a cessé de rappeler que l’argent fait défaut dans la caisse municipale! De plus, si les conseillers MMM/MSM ne voient pas d’un bon oeil cet accord entre la mairie et l’association, c’est aussi parce que celui-ci a été conclu en leur absence! Pour Ananda Rajoo, le chef de file de l’opposition à Curepipe, la mairie aurait dû suivre l’exemple de Port-Louis et de Rose-Hill en faisant appel aux Collectivités locales et à un prêt bancaire pour financer les travaux de rénovation. Entre-temps, Mario Bienvenu persiste: ce sera, dit-il, à SOS Patrimoine en péril de décider de la marche à suivre! Mais, le rapport que l’association devait déposer à Curepipe avant la fin de 2013, n’est toujours pas prêt. Il faudra patienter encore pour connaître ses recommandations. Et en attendant pour protéger une partie de la toiture—en décrépitude— du bâtiment, la mairie a eu recours à une bâche. Il ne fait aucun doute que l’opposition va s’enquérir sur le retard du rapport de SOS Patrimoine en péril lors de la première réunion du conseil, prévue dans la semaine du 13 janvier. Pour sa part, Mario Bienvenu qui démarre sa deuxième année de mairat, promet de faire valoir son caractère affirmé!
« C’est moi qui gère la ville »
Il a eu quelques mois pour connaître les rouages de la municipalité et une année pour se forger et devenir un homme politique! Mario Bienvenu, le maire atypique, laisse entendre qu’en défendant le programme de son parti pour la ville Lumière et faire démarrer au plus vite les travaux de rénovation de l’hôtel de ville, il n’accomplit pas uniquement son devoir envers les citadins. Mais, il prouve également qu’il a gagné en caractère, en personnalité et que le maire, cet ancien sportif de haut-niveau est désormais un homme politique à part entière! « Je commence à prendre goût à la politique », dit-il. « Mon défi, cette année, sera de faire avancer les projets, dont la rénovation du forum. Les travaux pourront commencer rapidement, car le ministère des Finances nous octroie un budget de Rs 40 millions. A ce sujet, il faut savoir que c’est la première fois, et ce sous le mairat du MMSD, que le financement des travaux du forum est pris en compte et cité dans le Budget Speech », relève le maire de Curepipe. Mario Bienvenu pourrait être confronté à un autre challenge: il aura peut-être à jongler avec ses partenaires PTr/PMSD, lesquels sont confrontés à une ambiance lourde depuis le divorce de Michael Sik Yuen d’avec les bleus. Toutefois, au conseil municipal, le tandem PTr/PMSD a bien fonctionné en 2013. Cette année plus que jamais, Mario Bienvenu dit vouloir agir « avec le soutien indéfectible d’Eric Guimbeau », son leader, mais « seul » à la mairie. Quand il est élu maire de Curepipe en décembre 2012, Mario Bienvenu, qui est propulsé dans l’arène politique, est un néophyte qui avance avec l’appui d’Eric Guimbeau, député rôdé. La présence du leader du MMSD dans quasiment toutes les fonctions officielles où le maire est invité ou celles organisées par la mairie, voire quasiment à chaque conseil pendant le premier trimestre de 2013, dérange l’opposition, laquelle ne rate pas l’occasion de critiquer « l’ingérence de Guimbeau dans les affaires de la municipalité ». En novembre dernier, pris au Parlement avec les débats post-budgétaires, Guimbeau lâche son poulain. Et celui-ci, plus à l’aise, après 11 mois de mairat, s’impose dans la gestion du relogement des marchands ambulants. « C’est moi qui gère la ville. C’est moi le maire. Au conseil, c’est moi qui réponds aux questions », déclare-t-il, quand on lui rappelle l’omniprésence d’Eric Guimbeau dans les couloirs de la municipalité! Cependant, il semblerait que Mario Bienvenu n’avait pas trop son mot à dire un soir, en mars dernier, lorsqu’il a suivi son leader au cimetière de Bigara où, avec Cehl Meeah, il a participé à l’inhumation d’un bébé, après les heures de fermeture!
Même si la mairie a accusé un déficit de Rs 51 millions en 2013, le premier magistrat de Curepipe est, lui, d’avis qu’il dispose d’un bilan positif pour l’année écoulée avec notamment, le relogement des marchands ambulants, le financement de la fontaine de l’hôtel de ville par la Chine, la relance du tournoi de football, un job fair, la construction de drains… Pourtant, 2013 s’est achevée sur un flop avec le late night shopping. Cette activité qui devait démarrer en début de décembre, n’a pas eu le succès escompté. L’absence de communication, de prestations artistiques et le désintérêt des commerçants, sans compter le temps pluvieux, ont contribué au flop du late night shopping à Curepipe…