« Sa fer 18 mwa sa gouvernma-la o pouvwar. O lie travay pou peyi, zot pe kontigne politik de vanzans », a déclaré le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, hier lors d’un congrès à Curepipe. L’ancien Premier ministre reprend : « On vous avait promis le développement économique, c’est le naufrage économique que vous avez eu. On vous avait promis de nettoyer le pays de la corruption, partout on voit la corruption. Ils travaillent pour leur clan », devait-il ajouter.
Selon Navin Ramgoolam, depuis que sir Anerood Jugnauth est arrivé au pouvoir, il y a une « politique de vengeance », avant d’affirmer que « les gens ont perdu confiance » tandis que « les investisseurs ont commencé à la perdre aussi ». Il a cité les cas de Ish Sookhun, de Om Lombard, de Manou Bheenick et de Hassen Fakim, Deputy General Manager au CEB, qui compte 39 ans de service. « On l’accuse d’avoir remis un document au leader de l’opposition. C’est le travail de ce dernier de poser des questions sur les turbines à gaz et je lui dis bravo. Je connais bien M. Fakim et, pourtant, il ne m’a jamais donné d’information sur le CEB. Paul Bérenger lui-même a dit que ce n’est pas Fakim qui lui a donné l’information. »
Selon Navin Ramgoolam, « dans aucun autre pays on  ne saurait accepter qu’un Premier ministre et ses proches fassent des retraits par millions de la Bramer Bank » alors que celle-ci s’écroulait et de « laisser la banque ainsi ». Avant d’ajouter que « même le capitaine du Titanic n’avait pas agi ainsi ». S’agissant du nouveau traité fiscal avec l’Inde, le leader des rouges devait estimer qu’on « a tué un secteur productif ». Selon lui, « zot fin van vas ki don dile pou enn elefan blan ». Il a de plus critiqué les Rs 4,1 milliards supplémentaires votées pour le prochain Budget « alors qu’aucun développement n’a été réalisé ». Le gouvernement, rappelle-t-il, « avait dit qu’il réduirait les dettes publiques à 58%, or, en 2015, les dettes publiques étaient à 63,8% et, en 2016, à 65% ».Concernant les Rs 1,6 milliard supplémentaires votées pour la MauBank, Navin Ramgoolam devait rappeler qu’au total, ce sont « Rs 3 milliards de votre argent qui vont à la MauBank ». Pourtant, dit-il, « Bhadain avait dit qu’aucun denier public ne serait utilisé pour rembourser les détenteurs du Super Cash Back Gold ».
Le leader du PTr a ironisé en disant qu’en 18 mois, le pays a connu trois ministres des Finances. « D’abord Lutchmeenaraidoo, le “magicien”. Ensuite “Papa kin sov sez so piti”. » Il devait commenter le jugement dans l’affaire de Pravind Jugnauth estimant que, « désormais, on ne pourra plus remporter une affaire de poursuite pour conflit d’intérêts ». Et d’ironiser sur le geste désormais populaire du ministre Bhadain envers son leader. « Zame mon trouv enn zom anbras lame enn zom. D’un côté, un ministre est devenu “chooma”, de l’autre, un autre ministre sheik est devenu esclave. Et un autre ne sait pas ce qu’est un livre de chevet. » Pour Navin Ramgoolam, la sécurité dans le pays laisse à désirer avec « 200 vols à Rivière-Noire, une fusillade sur l’ambassade de France… ».
Contrairement à la politique de l’actuel gouvernement, Navin Ramgoolam devait dire qu’il n’a « jamais rejeté la candidature de personnes dont les proches étaient du parti opposé ». Il devait prendre pour exemples « la fille de Jayen Cuttaree, le fils de Soodhun, le fils de Dan Maraye, le frère de Rajesh Bhagwan et Armoogum Parsuramen ». Sa mission, aujourd’hui, dit-il, « est de faire en sorte que les jeunes prennent la relève » au PTr. « Aux prochaines législatives, je veux transmettre mon expérience. J’apporterai beaucoup de femmes et de jeunes. » L’ex-premier ministre termine : « Nous venons de continents divers, par des bateaux différents, mais nous sommes aujourd’hui dans un même navire. Je crois dans un pays ayant un destin. »