La Union of Employees of the Central Water Authority (UECWA) et la Central Water Authority Meter Readers Union (CWAMRU) ne jettent pas les armes. Forts du « succès » de leur manifestation vendredi dernier devant le quartier général de la CWA, à St-Paul, les deux syndicats prévoient maintenant une série d’autres actions du même genre devant les ministères concernés. Des rencontres avec les leaders de l’alliance MMM/MSM pour obtenir le soutien parlementaire de l’opposition sont également prévues.
Dans une déclaration au Mauricien, les dirigeants des deux syndicats ont exprimé leur « grande satisfaction » devant le response obtenu auprès des employés de la CWA lors de la manifestation. En effet, vers 16 heures vendredi dernier, les représentants syndicaux de l’UECWA et de la CWAMRU, soutenus par ceux de la Federation of Progressive Union (FPU) à laquelle ils sont affiliés, avaient pris place devant le QG de la CWA. Munis de pancartes, ils ont scandé des slogans de réprobation à l’encontre du conseil d’administration, dont certains membres commençaient à arriver sur les lieux pour assister à la réunion mensuelle du Board. On pouvait y lire et entendre les récriminations suivantes : « Non a inzerans politik ; Aret viol drwa travayer dan CWA ! ; Memb Board CWA lev pake ale ! »
Le mouvement de protestation a duré le temps de la réunion du board. La manif ayant coïncidé avec l’heure de la sortie des employés, nombre d’entre eux se sont alors massés en face de la poignée de protestataires syndicaux dans un esprit de soutien.
Le bloc syndical reproche au conseil d’administration de la CWA — à l’exception du Chairman et d’un autre membre dernièrement nommés — leur « incompétence », une gestion financière « catastrophique », le recours abusif allégué à une quinzaine de conseils légaux, engendrant des coûts qui se chiffrent en millions (Rs 19 M depuis 2005 à ce jour, selon la dernière réponse parlementaire du ministre de tutelle) ; l’octroi de généreuses allocations aux membres du board qui siègent sur les nombreux comités institués et dont certains n’auraient, selon eux, aucune raison d’être. Autant de dépenses que l’UECWA et la CWAMRU estiment « superflues, exagérées et qui contribuent à un gaspillage des fonds d’un organisme d’un secteur clé et censé servir avant tout la population ! » Le manque de transparence allégué dans l’octroi de contrats, tels celui de l’achat de chlore, celui de la prestation d’assurance maladie, ou encore la dernière en date concernant le gardiennage — qui a fait l’objet d’une question parlementaire mardi —, est aussi décrié. Au chapitre des relations industrielles, les deux syndicats dénoncent la rupture par le Board d’un accord de principe signé avec les syndicats favorisant des négociations collectives. L’institution, également, d’un Job Specification Committee, qui a introduit de nouveaux “schedule of duties”, sans consultations préalables avec les représentants des employés, constitue aux yeux de l’UECWA/CWAMRU un non-respect de leurs droits fondamentaux.
D’autres offensives sont prévues en vue d’amener le ministre de tutelle Rashid Beebeejaun à honorer sa promesse faite à l’Assemblée nationale le 22 novembre 2011 d’assainir la situation à la CWA. Parmi les actions, des manifs successives devant les trois ministères des Services publics, ceux des Finances et du Travail.