« A move of last resort. » C’est sur cette ultime note d’espoir que l’Union of Employees of the Central Water Authority (UECWA) et la Central Water Authority Meter Readers Union (CWAMRU) ont adressé une correspondance à la Présidente de la République par intérim le 18 avril, réclamant son intervention pour « redresser la situation chaotique » de l’organisme et l’informant de leur demande de révocation du conseil d’administration. En l’absence d’accusé de réception de Monique Oh-San Bellepeau, une série de manifestations est prévue le mois prochain devant les locaux de la CWA et des ministères concernés, et des rencontres sont envisagées avec les leaders de l’alliance MMM / MSM.
Leurs appels successifs au ministre des Services publics étant restés sans suite en dépit de l’engagement pris au Parlement par Rashid Beebeejaun de remédier à la situation après une PNQ du leader de l’opposition, les syndicats des employés de la CWA se sont adressés cette fois à la Présidente de la République par intérim. Si là encore, une réponse se fait toujours attendre, Raj Leelah et Ayle Duval ne désespèrent pas d’être reçus par la présidence pour faire part de leurs « apprehensions and grievances regarding such a vital national service as the CWA ».
Dans leur lettre à Mme Oh-San Bellepeau, les secrétaires de l’UECWA et de la CWAMRU réitèrent l’« immediate revocation of all Central Water Board members, with the exception of Messrs P. Saddul and K. Seebundhun (…) on grounds of national interest ». Ils soulignent qu’en dépit des « numerous formal requests to that effect addressed both to the Honourable Prime Minister and the Ministers responsible for the nomination of members presently constituting the Central Water Board, no response has so far been noted ».
Le bloc syndical dit son intention de passer à l’offensive et annonce une série de manifestations le mois prochain devant le quartier général de la CWA, à St-Paul. « Nous comptons manifester pendant que le Conseil d’administration sera en train de siéger, pour exprimer notre vive désapprobation de la constitution de ce Board, dont la majorité des membres – à l’exception des deux derniers arrivés –, méritent d’être révoqués ! » indique leur porte-parole, Iswarduth Guness.
Rappelons que l’UECWA et la CWAMRU ont obtenu la révocation de Pim Ramessur – ex-membre du Board condamné sous quatre charges graves par le comité disciplinaire –, pour son implication alléguée dans des irrégularités concernant les procédures d’achat de chlore par la CWA. La commission anticorruption (ICAC) en a été saisie et le cas a été référé au Bureau du Directeur des poursuites publiques.
Depuis, employés et syndicats n’ont eu de cesse de dénoncer d’autres « cas de manque de transparence et d’abus ». Parmi ceux-ci, l’institution de multiples comités et sous-comités « qui permettent à certains membres de bénéficier de généreuses allocations ». Les plus cités sont le Job Specification Commitee, institué « de manière unilatérale », et qui a introduit de nouveaux « schedule of duties » et revu ceux existants, alors même que la CWA et les syndicats avaient signé un accord favorisant des négociations collectives ; le Procurement & Finance Committee ; le Comité disciplinaire qui dispose des services payés d’un « Prosecutor-maison » et ceux d’une quinzaine de Legal Advisers. Autant d’instances, constatent les syndicats, qui plombent les finances déjà dans le rouge de la CWA. Rappelons qu’une réponse de Rashid Beebeejaun à une question parlementaire en décembre dernier, informait que, depuis 2000, la CWA avait déboursé quelque Rs 11 millions en termes d’honoraires aux hommes de loi.
Enfin, l’UECWA et la CWAMRU dénoncent également « la relation incestueuse qui existe entre le Board et le management de la CWA, et ce alors que le conseil d’administration est censé veiller à la bonne gestion de l’organisme et agir comme chien de garde ».