La Central Water Authority est plus que jamais sur une pente dangereuse : absence de leadership, aggravée par une vacance au poste de directeur général qui dure depuis plus d’un an, personnel surnuméraire, manque de compétences techniques, ingérence politique, dépenses exagérées et injustifiées, abus de procédures, pratiques alléguées de corruption… Si cette situation n’est pas nouvelle, les conséquences pèsent lourd sur le bilan financier : de Rs 80 millions durant les années 1980, le budget de fonctionnement a atteint Rs 1,1 milliard, soit une augmentation de… 1 250 % ! Bien qu’elle bénéficie d’une enveloppe budgétaire phénoménale, la CWA est aujourd’hui incapable ne serait-ce que de fournir une prise d’eau à tout nouvel abonné : le stock de compteurs est totalement épuisé alors que 5 000 demandes attendent d’être satisfaites… Quarante ans après sa création, en 1971, et alors qu’il était autrefois un des fleurons de nos corps para-étatiques post-indépendance, la CWA aura provoqué son propre déclin.
Durant les deux dernières décennies, des signes avant-coureurs autrement plus préoccupants que les réservoirs à sec, annonçaient déjà le début de la chute pour la CWA : bilans déficitaires, rapports lapidaires de consultants étrangers et mauriciens, commissions d’enquête, relations industrielles tendues et, non des moindres, le limogeage de General Managers et le remplacement intempestif de présidents du conseil d’administration. Alors que d’aucuns à la CWA estiment que ces derniers n’ont été que des bouc émissaires tout trouvés pour masquer le manque de vision des gouvernements successifs en matière de gestion de l’eau, d’autres employés, actuels et anciens, affirment, eux, que les divers directions et conseils d’administration auront commis impunément de graves manquements et irrégularités, mettant en danger l’existence même de l’organisme.
La situation anarchique qui règne à la CWA s’est aggravée ces derniers mois en raison de l’absence de direction. Des postes de responsabilité demeurent sans titulaire à ce jour. En tête de liste, celui du General Manager, laissé vacant depuis le départ de Harry Booluck l’an dernier. Le gouvernement a nommé un General Manager (GM) par intérim, D.A. Auckle, qui a déjà le titre de Deputy General Manager (Technical), qui se trouvait au quatrième rang dans l’organigramme de la CWA. Le Deputy General Manager Administration (R. H Joseph) est le No 3. Mais dans le fonctionnement du management, un Senior Advisor, R. Mungra, nommé un temps pour seconder Harry Booluck, a toujours un droit de regard sur le top management.
Le poste de Human Resource Manager est resté vacant en dépit de six appels à candidatures. Selon des employés, les qualifications exigées étaient tellement élevées qu’aucun candidat n’a réussi à décrocher le job. Entretemps, le Deputy General Manager (Adm) s’est acquitté de cette tâche contre paiement d’allocation mensuelle de Rs 20 000 pendant deux ans, jusqu’à ce que le ministère de tutelle y mette un frein. Or, le PRB stipule qu’un haut cadre ne peut toucher des allocations pour remplacement au poste d’un employé dont il est le chef hiérarchique.
Multiplication de sous-comités
Si l’organisme est sans leadership, les comités et sous-comités émanant du conseil d’administration sont, eux, bien installés. Il y a eu ces dernières années une multiplication de ces instances, dont on dénombre à ce jour une dizaine : le Staff and Staff Selection Committee, Procurement and Finance Committee, Disciplinary Committee, Job Specification Committee, Audit Committee ; Recruitment Committee ; Non-revenue Water Committee, Morcellement Unit Committee. Alors qu’autrefois il incombait aux ingénieurs de la CWA d’évaluer les offres des sous-missionnaires, désormais, cette tâche est attribuée à un Bid Evaluation Committee, dont les membres perçoivent chacun Rs 2 500 par session. Le président de ce comité peut, lui, percevoir jusqu’à Rs 30 000 par session.
Il n’est pas rare que l’existence de certains de ces sous-comités donne lieu au double emploi. Par exemple, l’Audit Committee a pour tâche… d’examiner l’audit annuel interne fait par l’Audit Division, un service permanent. Certains membres de ce comité, composé de quatre personnes, ne maîtriseraient pas les rouages de la comptabilité et encore moins ceux de l’audit. Il y a aussi le cas de cet étudiant de l’université de Maurice, qui avait à peine entamé sa première année d’études menant à un « Degree » en économie, qu’il était déjà un Appointed Member du board de la CWA. D’aucuns parmi les responsables de la gestion des ressources en eau s’interrogent sur ce que peut être son apport à la vision de la CWA. Tout en ne diminuant pas ses compétences, qui pourraient être autrement utiles ailleurs, certains parlent de sa nomination comme étant une « mockery of the institution ».
Rs 680 650 pour Committee Fees
La fréquence des réunions de ces divers sous-comités a elle aussi connu une nette augmentation et, dans son sillage, l’enveloppe des allocations payées aux membres. Dans le passé, un Chairman du conseil d’administration a perçu Rs 350 000 pour 27 réunions en l’espace de 18 mois. Hormis ses honoraires de présence sur le board, le chairman peut siéger aussi dans d’autres sous-comités, l’amenant à toucher un total frisant le demi-million de roupies. Par exemple, s’il préside une session du comité disciplinaire, il reçoit Rs 8 000 ; s’il siège sur d’autres sous-comités, il perçoit Rs 6 000. Lorsqu’on ajoute à ces sommes les dépenses de Rs 447 000 en entretien de voiture de fonction, ce chairman aura coûté à la CWA près de Rs 1 M en deux ans.
D’autres membres du conseil d’administration siègent aussi dans plusieurs sous-comités. D’une manière générale, les dépenses totales de la CWA sous l’item des Committee Fees, qui étaient de Rs 200 000 en 2005 / 06, ont plus que doublé pour l’année financière suivante (Rs 547 000) pour atteindre Rs 680 650 en 2008 / 09.
Il y a deux ou trois ans, le comité disciplinaire a siégé pendant près d’une année pour juger le cas de 11 employés suspendus pour vol d’équipements au Central Store de la CWA, situé à La Cure. Après la tenue de plusieurs réunions chaque semaine, ce comité décida de ne retenir aucune charge contre ces employés et tous furent réintégrés. Des employés de la CWA s’étonnent que de simples fautes professionnelles fassent l’objet de convocation devant un comité disciplinaire alors que dans bien des cas il aurait suffi de donner un avertissement à l’employé concerné, surtout si celui-ci en était à son premier manquement. Face à cette tendance à convoquer le comité disciplinaire, l’opposition parlementaire a interpellé l’an dernier le ministre de tutelle sur le montant payé aux conseillers légaux pour ces multiples « sittings » de ce comité pendant ces cinq dernières années. Contrairement à la promesse ministérielle, la réponse n’a jamais été tabled à ce jour.
Hommes de loi et « Prosecutor maison »
Alors que la CWA emploie déjà une armée d’hommes de loi, depuis trois ans, le DGM (Adm) est autorisé à agir comme… « Prosecutor », un poste créé avec pour principale attribution de rédiger les « dossiers ? charge » à l’encontre des employés appelés à se présenter devant le comité disciplinaire. Le hic, c’est que le DGM (Adm) n’étant pas légiste de formation, la direction a sollicité les services d’un… Senior Counsel pour l’assister dans sa tâche. Pour chaque séance, ce « Prosecutor maison » perçoit une allocation de Rs 7 000 par session.
S’agissant des honoraires payés à sa dizaine de conseils légaux, dont quelques ténors du barreau, la CWA ouvre grand les vannes de sa trésorerie. Les paiements sous cet item ont atteint une moyenne de Rs 3 M par an. Dans un cas de litige considéré comme relativement mineur opposant la CWA à un employé qui avait poursuivi l’organisme en justice, la CWA a payé à ses hommes de loi la bagatelle de près d’un demi-million de roupies, pour finalement être trouvée coupable. En outre, la Cour a sommé à l’organisme de payer des dommages de Rs 50 000 au plaignant et de s’acquitter aussi des frais de procédures de Rs 15 000. L’on cite aussi le cas de cet homme de loi actuellement à la une des journaux pour ses frasques passées à la tête d’un autre corps para-étatique. Cet avocat est connu à la CWA pour ses passages éclair dans les locaux de l’organisme. Visites qu’il effectue dans certains cas le week-end, où l’allocation offerte est plus élevée. Il y a environ deux ans, rien que pour s’être rendu dans les bureaux de la CWA un dimanche matin afin de consulter un dossier d’un confrère avoué, ce monsieur aurait réclamé… Rs 46 000.
Aide du personnel à la sous-traitance
Une autre pratique qui plombe le budget courant de la CWA est le recours à la sous-traitance. Ce choix s’étend à tous les niveaux, et même pour des tâches ne requérant aucune spécialisation, et coûte actuellement quelque Rs 40 M par an. La préparation de l’Annual Report – qui fait partie des attributions de l’Administrative Secretary selon les Job Specifications du rapport 2008 du Pay Research Bureau –, a été confiée à une entreprise externe. De même, la décision de la CWA, en 2005, d’externaliser la gestion de son Hotline Call Centre à une firme privée, engouffre une somme de Rs 3 M annuellement. Mais cette option ne donnerait que peu de satisfaction aux abonnés. Pour mitiger ce mécontentement, la CWA décide en juin de l’année dernière de renforcer ce service externalisé en y postant ses employés sur une base permanente. Mais, contre toute attente, alors qu’elle débourse déjà pour ce service privé, la CWA est doublement perdante : outre de prêter son personnel – qui par ailleurs figure toujours sur son registre de paie –, la CWA doit payer au centre d’appels une somme additionnelle de Rs 50 000 mensuellement comme frais d’utilisation de mobilier de bureau pour caser son personnel. En dépit d’un service jugé insatisfaisant, le contrat à cette entreprise privée sera renouvelé. Le 21 août 2010, l’accord est signé pour une période d’une année, mais un mois plus tard, le 24 septembre, ce contrat est modifié pour l’étendre cette fois jusqu’à 2012.
Alors que la CWA a investi gros dans la création d’une IT Section, depuis quelques années, c’est la State Informatics Ltd qui effectue le travail de ce département. Pour l’heure, cette IT Section – composée d’un manager, de quatre System Analysts et d’une dizaine de support staff – n’a pratiquement plus grand-chose à faire ; les salaires et autres avantages de ce personnel en chômage forcé s’élèvent à Rs 4,5 M annuellement. Entretemps, la CWA paye à SIL environ Rs 3,5 M par an.
Le choix de recourir aux services d’une firme spécialisée dans le recouvrement de dettes suscite également des interrogations, alors qu’il existe à la Commercial Division de la CWA une Prosecuting Unit chargée de s’acquitter de cette tâche. D’autant plus que le coût de la sous-traitance sous cet item est quatre fois plus élevé que les sommes recouvrées.
Le recours au consultant britannique Severn Trent pour mitiger les pertes en eau sur le réseau a coûté à la CWA Rs 23 M. D’aucuns estiment que cette dépense aurait pu être évitée si la dizaine d’ingénieurs et le Senior Advisor – qui ont eu, à tour de rôle, l’occasion d’aller acquérir, à grand frais, ce savoir-faire à l’étranger –, étaient parvenus à mettre en pratique les techniques apprises. Ces derniers avancent que le « water balance » relève davantage des compétences d’un économiste.
Le gouvernement est en présence de renseignements précis sur le gaspillage financier et le dysfonctionnement caractérisé de la CWA. Des questions parlementaires ont apporté leur lot de révélations et les dénonciations syndicales n’ont pas manqué ces derniers temps. Dans une récente lettre adressée au Deputy Prime Minister et ministre des Services publics, les deux syndicats du personnel lancent un appel pressant au gouvernement « to come forward and repair the harm done to this country » et fondent tous leurs espoirs sur leur demande pour l’institution d’une commission d’enquête sur la CWA. Le limogeage du General Manager au plus fort de la crise de l’eau l’an dernier, la mise à pied cette semaine d’un membre influent du board à la suite d’une forte pression syndicale, couplée à la promesse du ministre Beebeejaun de renouveler le Conseil d’administration, ne sont que des mesures cosmétiques. Seule une restructuration en profondeur pourrait remettre à flot ce navire sans gouvernail.
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Matériel inutilisable
Le gaspillage des fonds lié à l’inutilisation du matériel acheté à coups de plusieurs dizaines de milliers de roupies est tout aussi sidérant. Nombre de ces équipements sont mis au rencart soit parce qu’ils ne correspondent pas aux besoins de l’organisme, alors qu’il existe un Bid Evaluation Committee soit parce qu’ils tombent en panne peu de temps après leur entrée en opération. Voici quelques-uns des derniers cas répertoriés :
• Pannes de pompes acquises à pas moins de Rs 300 000 chacune : à la station de St-Paul 20 jours après son entrée en opération ; celle de St-Jean / Borehole est tombée en panne durant la période de garantie ; celle de Trianon, 50 jours après son entrée en opération ; à Petite-Retraite, panne après 16 jours seulement ; à Trois-Boutiques, après 37 jours ; à Forbach, après 2 mois.
• Un câble électrique non conforme acquis à plusieurs centaines de milliers de roupies dort dans l’entrepôt de La Cure.
• Un Stainless steel Rising Main qui a coûté plusieurs millions de roupies n’est toujours pas en service parce le conduit est trop étroit
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
De l’eau sans compteur !
Il y a à ce jour 5 000 demandeurs en attente pour une prise d’eau. La CWA reçoit une moyenne de 750 demandes par mois dans chacune de ses six zones. Cependant, depuis quelque temps elle ne peut plus répondre à leurs besoins puisqu’elle ne dispose plus d’un seul compteur neuf. Ce problème, qui commence à devenir préoccupant, est la conséquence de l’annulation d’un exercice d’appel d’offres pour la fourniture de 35 000 compteurs. Plusieurs versions sont avancées pour expliquer cette annulation. Certains disent qu’il y a eu contestation de la part de soumissionnaires et d’autres affirment que la CWA n’est pas satisfaite de la qualité technique des compteurs proposés. La CWA, qui continue entretemps d’accepter les demandes de futurs abonnés, tente de résoudre le problème en ressortant ses vieux compteurs. L’organisme a assigné une équipe à leur réparation. Reste à savoir si les données enregistrées sur ces vieux appareils sont fiables. La direction de la CWA discute ces jours-ci de la possibilité de fournir de l’eau à ces demandeurs, sans passer par l’installation de compteur. Une option qui ne fait pas l’unanimité puisque la CWA devra alors réclamer seulement le « minimum charge » et ainsi se résoudre à accepter un manque à gagner pour ses caisses.
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Plainte de Wastewater : bonus de 10 % « across the board »
Depuis l’inclusion de la redevance de la Wastewater dans la facture de la CWA, celle-ci a mis en place un comptoir spécial pour recevoir les plaintes du public concernant les eaux usées. Ce service est disponible aux Sub Offices de Port-Louis et des Plaines-Wilhems. Les employés qui sont affectés à cette tâche supplémentaire perçoivent chacun une somme additionnelle mensuelle représentant 10 % de leur salaire, qu’ils aient enregistré dix ou… zéro plainte. Pire, cette allocation est, pourrait-on dire, accordée « across the board »: outre le Clerk affecté à ce service, l’Executive Officer, le Higher Executive Officer, le Chief Works Officer, l’ingénieur et le Principal Engineer touchent eux aussi le bonus de 10 %. Cette générosité s’étend jusqu’au… Head Office pour quelques Top Officers. Cette manne fait beaucoup d’envieux parmi les employés qui n’ont pas la « chance » d’être postés aux deux bureaux concernés, alors que la CWA a une politique de rotation de son personnel à travers l’île.
Au bout de cette longue chaîne de bénéficiaires de bonus de 10 %, la plainte est finalement transmise à la Wastewater Management Authority à qui il incombe d’exécuter le travail.
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Avocat en situation compromettante…
De graves allégations sont portées contre un ancien conseiller légal de la CWA, actuellement impliqué dans plusieurs cas d’irrégularités au sein d’un corps para-étatique. En 2007, cet homme se signale dans une affaire de conflit d’intérêt allégué doublé d’abus de confiance concernant M. Dowtal, un employé de la station de Belle-Vue Maurel. Celui-ci se retrouve impliqué malgré lui dans une affaire de police concernant de vieux tuyaux hors service de la CWA, laissés sur ce chantier. Sur les conseils de quelques amis, M. Dowtal retient les services d’un homme de loi sans savoir que ce dernier est aussi un des conseillers légaux de la CWA, outre d’être un proche parent du directeur d’alors.
L’homme de loi tout en omettant de lui révéler sa position, promet de régler le problème contre une somme de Rs 200 000. M. Dowtal parvient avec beaucoup de difficultés à réunir Rs 100 000, notamment en empruntant de l’argent à son syndicat, et les remet à l’avocat. Malgré tous ses efforts, il ne peut s’acquitter des Rs 100 000 restantes. Entretemps, il est suspendu par un comité disciplinaire institué à la CWA, avant d’être finalement licencié. Son syndicat, outré par cette double injustice, réfère son cas à un autre avocat, qui consigne une déposition à la police contre ce conseiller légal. Le nouvel avocat engagé pour défendre M. Dowtal informe la CWA des agissements de ce confrère sans éthique et menace de tout révéler à la presse et de porter l’affaire en justice. L’homme de loi décide alors de rembourser en plusieurs versements les Rs 100 000 à M. Dowtal. Parallèlement, ce dernier est blanchi par la Cour dans le procès que lui intente la police, le magistrat concluant à un « No Case to answer ».
Après publication d’un article de presse relatant ses agissements à l’égard de cet ancien employé de la CWA, l’avocat impliqué retient les services d’un avoué pour donner sa version des faits. Ce dernier reconnaît que son client avait effectivement agi comme avocat de M. Dowtal, qu’il s’est ensuite retiré de l’affaire, et qu’il lui a remboursé la totalité de l’argent pris.
L’opposition parlementaire s’est intéressé au cas de cet avocat. M. Dowtal, soutenu par son syndicat, a adressé une correspondance au Premier ministre, dans laquelle il dénonce les abus qui auraient été commis à son égard par cet avocat, et également leurs conséquences désastreuses sur sa vie professionnelle et familiale.
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Abus reprochés au personnel
Le personnel de la CWA fait lui aussi l’objet de reproches de la part de la direction pour de graves manquements à plusieurs niveaux. En 2008, dans une lettre adressée au chef ingénieur, le General Manager d’alors, Harry Booluck, avait accusé certains employés de « vautours » et de « saigner à blanc » la corporation avec la « complicité tacite de leurs supérieurs ». Ci-dessous quelques exemples d’abus allégués :
• Overtime – le montant payé pour une année a atteint Rs 30 M ; il y a des cas de réclamations individuelles allant jusqu’à Rs 300 000 ; falsification de registres de présence dans certains cas pour bénéficier d’une somme plus conséquente pour les heures supplémentaires.
• Fortes résistances au système GPS pour le monitoring des déplacements des véhicules de la CWA introduit en 2006. Ce mécanisme de contrôle installé dans un premier temps dans 73 véhicules se révèle probant avec une baisse remarquable de la facture de diesel. Mais le système sera vite trafiqué et les coupables sévèrement sanctionnés.
• Vol de diesel dans des bureaux régionaux.
• Registre de présence : des fraudes sur le check cards system poussent la CWA à introduire un Fingerprint System ; l’écran de cet appareil est à son tour rayé afin d’empêcher la lecture des empreintes digitales.
• Utilisation de voitures de fonction à des fins personnelles.