Pédagogues et spécialistes de la santé mentale pointent du doigt la nécessité de faire des études sur l’impact du Cyberbullying à Maurice. La prévalence de ce fléau est souvent passée sous silence, par manque de données adéquates sur la question, mais aussi parce que les victimes sont prises dans un engrenage infernal qui les enferme dans le mutisme. En attendant un déclic des autorités sur la question, c’est un mal qui continue à ronger une jeunesse mauricienne hyperconnectée…
“Mon calvaire a commencé lorsque je me suis disputé avec celle que je considérais comme ma meilleure amie. Elle s’est acoquinée avec un groupe de filles qui m’ont prise pour cible via les réseaux sociaux. Même quand je les bloquais, elles trouvaient toujours le moyen par d’autres faux profils de m’envoyer des messages orduriers pour me rabaisser”.
C’est avec beaucoup de recul que celle que nous appellerons Joanna, 18 ans, relate cette phase de sa scolarité au secondaire. Aujourd’hui en formation technique dans une institution privée, elle arrive à en parler mais garde toujours en tête le traumatisme qu’elle a vécu. “Ces filles postaient des photos d’animaux peu flatteurs sur la page Facebook non officielle du collège en me comparant à eux. En moins de trois semaines, sans que j’y comprenne quoi que ce soit, j’étais devenu la risée de l’école et les attaques se sont intensifiées”. Étant la source de quolibets alimentés sur Facebook, Whatsapp et autres plateformes, elle se renferme sur elle-même, se sentant prise au piège, perd goût aux études. “Mes notes ont chuté évidemment en dessous de la moyenne”. L’échec scolaire, selon Caroline Grenade, Counsellor formée par le Service Diocésain de l’Éducation Catholique (SeDEC), est “une des conséquences que le cyber-harcèlement engendre, en plus d’une mauvaise estime de soi, la dépression, et il peut même conduire au suicide comme c’est le cas à l’étranger”.