Utilisant le site internet des pétitions citoyennes d’Avaaz, le Parlement populaire invite les internautes mauriciens à se joindre à une pétition en ligne, adressée à la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, et au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, pour réclamer l’institution d’une Commission nationale pour faire des recommandations pour des élections libres et justes ainsi que davantage de redevabilité (accountability) de la part des partis politiques.
« Tous les Mauriciens intéressés à avoir à Maurice des élections libres, propres et justes ainsi que de la transparence dans les finances des partis politiques sont invités à signer cette pétition sur le site d’Avaaz.org à http://tinyurl.com/mruelections », nous explique la coordinatrice des activités du Parlement populaire (PP), Catherine Boudet.
Le PP est une plateforme de démocratie délibérative créée en mars 2015 pour promouvoir la justice sociale à Maurice, à travers la participation active des citoyens dans le processus de bonne gouvernance. Il se réunit tous les 15 jours, de 10 h à 13 h, à la Sal Sindika Travayer au siège de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), située à l’arrière du marché municipal de Rose-Hill. Tout le monde est invité à y participer sans distinction aucune.
« Le texte de cette pétition a été rédigé de manière collégiale par les participants au PP suivant les principes de démocratie délibérative », ajoute Catherine Boudet.
Les pétitionnaires réclament d’abord l’institution d’une Commission nationale pour faire des recommandations pour amender nos lois afin d’avoir un fonctionnement plus équitable, propre et transparent des partis politiques et des élections.
Le PP demande ensuite l’enregistrement obligatoire des partis politiques. « Les partis politiques doivent être enregistrés, auprès d’une institution appropriée et non auprès du Registrar of Associations, comme des entités distinctes et non comme des compagnies ou des ong, sur une base permanente », précisent les pétitionnaires.
Les partis politiques doivent en outre soumettre officiellement leurs comptes. « Ces comptes devraient dévoiler toutes les donations reçues, les sources de financement et les dépenses. Le tout devrait être audité tous les ans par des professionnels assermentés. Les donations et le nom des donateurs doivent être rendus publics ».
De même, poursuivent les pétitionnaires, les dépenses des partis politiques durant les campagnes électorales devraient être obligatoirement déclarées. « Dans ce contexte, la limite des dépenses autorisées doit être revue afin d’être juste et réaliste. Les procédures pour la vérification des comptes électoraux doivent être introduites et toute dépense excédentaire sévèrement sanctionnée », précise le document.
Les pétitionnaires exigent également que l’égalité des chances durant les campagnes électorales en termes de visibilité des partis politiques soit garantie.
Le PP estime que cette Commission nationale doit être composée de membres de la société civile et des citoyens, de deux assesseurs (le premier nommé par le Premier ministre et le deuxième par le leader de l’opposition), le Chef juge, le Commissaire électoral et un représentant de l’Electoral Supervisory Commission, d’un représentant du secteur privé et d’autres personnes appropriées. « Nous réclamons aussi que les audiences de cette Commission nationale soient publiques », précisent encore les pétitionnaires.