La Quality Assurance and Inspection Division (QUAID) du ministère de l’Éducation a demandé aux chefs d’établissements du secondaire d’État le week-end dernier de lui soumettre une liste de « Educators not teaching on-line ». Les recteurs avaient à envoyer cette liste lundi, soit deux jours après avoir eu la directive.

Soulignons que les écoles sont fermées depuis le 20 mars. Les Online Courses ont débuté le 6 avril et concernent principalement les élèves des Grades 10-13 (Form IV-Upper VI). D’après le courriel envoyé aux recteurs samedi, le ministère demande les « names of educators not teaching online by subjects and Grades » et que les informations leur parviennent « as soon as possible », soit au plus tard le lundi 4 mai à 11h.

De plus, il y a 63 collèges d’État, incluant les Académies. Selon les informations que nous avons recueillies auprès des recteurs et des enseignants du secondaire d’État, il y aurait dans chaque collège l0% à 20% d’enseignants, dans la cinquantaine et qui n’assurent pas ces cours en ligne. Il y en aurait deux raisons : les difficultés à maîtriser correctement les logiciels et le manque d’outils indispensables. Selon les observations des chefs d’établissements et chefs de départements, la quasi-totalité des enseignants recrutés ces cinq dernières années sur une base permanente de même que les supply teachers (contractuel) dispensent les online courses durant ce confinement.

Par ailleurs, depuis le début des cours en ligne la Quality Assurance and Inspection Division a demandé aux enseignants de soumettre un Weekly Feedback Online Teaching and Learning. Ce rapport hebdomadaire doit donner les détails suivants : le Grade concerné pour chaque cours et pour quelle matière ainsi que les leçons couvertes ; le logiciel utilisé pour dispenser les cours et les autres « tools and other educational resources used » ; le nombre d’élèves à chaque cours ; et autres remarques jugées nécessaires par l’enseignant dans son rapport.

Mais selon plusieurs chefs d’établissements, de nombreux enseignants assurant les online courses depuis le début n’ont pas fait de rapport hebdomadaire selon le schéma exigé par le ministère. « Je peux vous affirmer que beaucoup d’enseignants sont en train de travailler pendant le confinement parce que je suis en contact avec eux mais ils n’ont pas fait de rapports hebdomadaires. Je leur ai demandé de m’envoyer un rapport global de leur travail jusqu’ici », dit au Mauricien un recteur d’un collège de Port-Louis.

Des enseignants qui sont chaque jour au rendez-vous en ligne disent que ce ne sont pas les mêmes élèves qui sont présents à chaque fois. « Beaucoup de ‘repeaters’ en SC et en HSC boudent ces cours en disant qu’ils connaissent déjà les chapitres et qu’ils préfèrent apprendre par eux-mêmes », témoigne un enseignant de mathématiques.

D’autre part, dans le secondaire privé, beaucoup d’enseignants nous ont confirmé hier au Mauricien qu’ils soumettront leurs rapports de leurs cours en ligne à la reprise des classes au mois d’août. « Nous sommes en train de travailler et nous ne soumettrons pas de rapport pour le moment. Si la PSEA ne nous croit pas, qu’elle téléphone alors aux élèves et aux parents », nous dit une enseignante de français dans un collège des Plaines-Wilhems. De son côté, l’UPSEE soutient avoir prévenu la Quality Assurance Division de la PSEA « de ne pas exercer de pression » sur ses membres en ce qu’il s’agit de ces ‘weekly reports’ pour les cours en ligne. « Nous encourageons nos membres à assurer les cours en ligne mais nous leur avons dit de ne pas se tracasser s’ils ne peuvent donner de rapport chaque semaine », dit Bhojparsad Jhugdamby, le président de ce syndicat.