Le président du comité dissous de la Fédération Mauricienne de Cyclisme (FMC), Hervé Flore quitte enfin le navire. Après avoir rencontré le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden vendredi (16h30), il en a profité pour soumettre sa démission après 33 ans passés dans le cyclisme local.
Hervé Flore s’en va par la petite porte et ce, après 33 ans de service dans le giron cycliste. « J’ai rencontré le minitre de la jeunesse et des sports vendredi et j’ai soumis ma démission », a-t-il indiqué à Week-End. Il faut dire que rien ne va plus au sein de ce comité (dissous) puisqu’ils étaient au nombre de six à avoir pris leurs distances de la fédération qui n’en comptaient plus que cinq. Avec le retrait du président, il n’en reste plus que quatre en la personne de Catherine Victoire (vice-présidente), Jean-Lou Desjardins (trésorier), Hans Brasse et Mathieu Calypso (membre).
Pour Catherine Victoire, il faudra maintenant trouver des solutions afin de redresser la barre au plus vite. « Je trouve cela dommage qu’il quitte le navire de cette manière car je suis de ceux qui pensent qu’il avait de la compétence. Mais bon, je peux comprendre sa décision. En ce qu’il s’agit des quatre membres restants, nous comptons nous réunir aujourd’hui après le Trophée Vent d’Ouest-Sud-Est pour discuter de la marche à suivre », précise Catherine Victoire. Elle soutient, « Nous comptons nous diriger vers une conciliation. Nous devons absolument trouver un terrain d’entente avec les membres démissionnaires pour le bien-être du cyclisme car nous ne pouvons plus continuer ainsi. Après la concertation d’aujourd’hui, nous mettrons sur place une table ronde entre les membres restants du comité de la FMC et les démissionnaires. Mais la date n’a pas encore été fixée ». Tout laisse présager que nous nous dirigeons tout droit vers une Assemblée générale élective (AGE) le 29 courant. Mais l’une des solutions à ce problème, selon Catherine Victoire, serait le remplacement des membres démissionnaires, une décision qui va à l’encontre du Sports Act. Petit retour en arrière sur ce point important.
Des remplacements autorisés selon Mathieu Calypso
Lundi dernier, cinq membres du comité dissous de la Fédération Mauricienne de Cyclisme : Hervé Flore (alors toujours en poste), Hans Brasse, Jean-Lou Desjardins (trésorier) et Mathieu Calypso (membre) s’étaient réunis face à la presse pour donner des éclaircissements sur la situation dans laquelle se trouve le comité dissous et aussi répondre aux démissionnaires qui selon les membres restants ne sont pas crédibles et qu’il y a plusieurs raisons obscures derrière ces claquements de portes.
Ce qui a particulièrement retenu l’attention lors de ce point de presse,c’est le fait que ce soit Mathieu Calypso qui ait monopolisé la parole contrairement à Hervé Flore qui a agi comme deuxième rideau et qui ne s’est exprimé que trop rarement. Calypso a clairement fait ressortir, « qu’il n’est nullement dit dans le Sports Act que le comité doit être dissous si le nombre de membres est inférieur à sept ». « Nous nous sommes référés à nos statuts qui autorisent le remplacement des six démissionnaires en organisant une assemblée générale spéciale le 29 courant », indique ce membre du comité dissous qui précise qu’ils ont consulté le Registrar of Associations.
Il faut aussi souligner que ceux intéressés à se porter candidat pour les nouvelles élections ont jusqu’au 19 mai pour s’inscrire. « Nous n’aurons pas d’autre choix que de dissoudre le comité si nous n’avons pas de candidats pour les élections de remplacements », fait-il ressortir. Mais si l’on se réfère au Sports Act, il est clairement stipulé qu’un comité est automatiquement dissous s’il n’y a pas un minimum de sept membres. Or, le comité n’en comptait que cinq (avant la démission d’Hervé Flore). Mais elle continuait de fonctionner comme si de rien n’était. Mathieu Calypso va plus loin dans ses propos en affirmant qu’il y a eu déjà deux réponses favorables. « Nous serons du coup à sept membres et de ce fait, nous continuerons à fonctionner normalement », précise-t-il.
Il ajoute, « Je fais partie du giron cycliste depuis 40 ans. J’ai suivi tous les cours dispensés par la fédération et je possède le BECS tout comme José Achille et Catherine Victoire », avance-t-il. Il s’est apesanti sur le cas des démissionnaires. « Est-ce que c’est normal qu’un membre démissionne avant même de commencer à travailler? C’est le cas d’André Le Blanc. Sa raison est que sa femme Caroline n’avait pas été élu après tout ce qu’elle avait fait pour le cyclisme à Maurice. Je ne comprends pas les motivations de certains. En ce qu’il s’agit du couple Froget, ils avaient mis le couteau sous la gorge du président concernant le dossier Steward Pharmasse, non-retenu pour les Jeux du Commonwealth. Et ce sont ces mêmes personnes qui viennent dire que nous ne sommes pas professionnels, voire incompétents », souligne notre interlocuteur.
Ce dernier ajoute qu’il était également l’homme à abattre avant la dernière assemblée générale en 2013. « Des réunions secrètes avaient été organisées pour faire campagne contre moi pour des raisons que je qualifierai d’obscures. Ceci parce que j’avais osé écarter Yannick Lincoln de l’équipe de contre-la-montre (CLM) par équipes des JIOI de 2011. Je reste persuadé que cette vague de démissions était préméditée. J’en suis sûr. Nous sommes critiqués de partout et pourtant nous travaillons d’arrache-pieds pour le bien-être de la petite reine. Nous ne sommes que des bénévoles et nous n’avons rien à gagner mais beaucoup plus à donner », a-t-il conclu.
Hans Brasse est pour sa part revenu sur les réalisations du comité (dissous) telles que l’organisation des courses, les cours pour les commissaires et entraîneurs, des stages de préparation pour les sélections à l’étranger. « Nous étions également dans l’attente d’une rencontre avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden et également une réponse pour l’embauche d’un directeur technique national pour la préparation pour les JIOI ». Autant dire que les problèmes internes sont légions au sein du cyclisme mauricien. Espérons que les choses se décanteront au plus vite. Affaire à suivre…