Jean-Denis Armand a frappé encore une fois. Le Réunionnais a déposé tout son petit monde dans la dernière ligne droite pour remporter au sprint la quatrième étape du Tour de Maurice dans le temps de 2h46’43 devant Emmanuel Chamand (VCSD) et Yannick Lincoln. Une victoire qui confirme tout le potentiel de ces deux coureurs, copains dans la vie, adversaires à vélo.
Cette étape a été marquée par le vent qui a soufflé de tous les côtés dans les plaines du Nord et une échappée qui s’est formée très tôt avec cinq coureurs. Mike Chong Chin (MRI-Anglo-Mauritius), Thomas Desvaux (BRSC-Samsung), Ulysse Andrac (VCO/Reu), Mike Ferrere, brillant sur cette étape l’année dernière, et Johan Scheepers (Bionic/Af. Sud) prenaient la poudre d’escampette dès le km 24 (Pointe-aux-Canonniers).
Ils comptaient alors 21 secondes d’avance, mais n’arrivaient pas à creuser l’écart. Deux larrons, Jadrie Pieterse (Bionic/Af. Sud) et Steward Pharmasse (BRSC-Samsung), qui rêvait du maillot vert, se joignent au groupe de tête. En passant Cap Malheureux, ils ont réussi à grappiller neuf secondes supplémentaires.
Plus loin, les deux coéquipiers du BRSC-Samsung lâchent l’affaire, tandis que Richard Baret rejoint le groupe de tête. Cédric Gasnier (VCSD/Reu) sera aussi de la partie, sans toutefois parvenir à menacer Yannick Lincoln. Mais au km 56, le petit groupe, bien qu’étiolé, comptera 40 secondes sans que le peloton ne fassse mine de réagir.
Thomas Desvaux montre des signes de faiblesse et se retrouve intercalé à 30 secondes de l’échappée, alors que le peloton est relégué à 1’05. On approche alors Pont Bon Dieu, le km 86 et la montée de Salazie, difficulté du jour. « J’ai lâché dans la montée. Mais comme la descente est un peu mon plat, alors, j’ai pu recoller », expliquait le double vainqueur d’étape après la course.
Car justement, à Salazie, Lincoln et compagnie imprimaient un train d’enfer, histoire de voir qui tiendrait. Dans le sillage du maillot jaune, on retrouvait Richard Barret, repris un peu plus tôt, et les autres principaux concurrents. « C’était l’étape la plus compliquée, d’autant que beaucoup voulaient nous flinguer », lançait Yannick Lincoln. Mais le flingueur ne sera pas celui qu’il croyait.
Jean-Denis Armand, lâché dans la montagne, recolle aux basques des échappés. Une échappée qui est alors composée de Yannick Lincoln (MRI-Anglo-Mauritius), Emmanuel Chamand (VCSD/Reu), Fabien Gauvin (VCSD/Reu), Richard Baret (VCO/Reu), chassant Adolph Krige (Bionic-V-Office/Af. Sud). Lui sera repris à moins de 10 km de l’arrivée.
On se dirige alors vers le sprint. « Contre lui, qui est pour moi le meilleur sprinter de l’océan Indien, je ne pense pas que je pouvais faire grand-chose », lâchait Yannick Lincoln. Jean-Denis Armand sera le plus rapide devant Super U. « C’est vrai que je suis fatigué. En plus, j’ai lâché dans la bosse », déclarait-il. Pour revenir, il a donc dû aller puiser dans ses réserves. « Je ne gagne pas de temps au général, mais une deuxième victoire d’étape, c’est encore bon à prendre. »
Pour Yannick Lincoln, il s’agit de gérer tout ça aujourd’hui. « Mes coéquipiers ont très bien tenu le choc jusqu’ici. Aujourd’hui, ils n’auront qu’à me faire arriver au pied de la bosse dans les meilleures conditions. Après, c’est à moi de jouer », conclut Lincoln.