Le Tour de Maurice cycliste, qui commence aujourd’hui à La Vigie, sera le théâtre d’une âpre bataille, tant pour les victoires d’étapes que pour le classement général. Au jeu des alliances et des mésalliances, ce sont souvent les seconds couteaux qui sont les gagnants. Et sur le Tour de Maurice, c’est souvent ce qui arrive.
Selon l’analyse de José Achille, un des dessinateurs du parcours et directeur sportif de la sélection mauricienne, le profil du Tour n’est pas forcément plus dur que celui des années précédentes. Tout dépend des coureurs, qui choisiront d’animer ou de réduire la course à une succession de rythmes lents.
« La difficulté du Tour vient des coureurs. On pourrait voir, pendant le Tour, des portions plates avec des moyennes hautes et un passage dans un col, avec des coureurs qui tournent à 5 km/h », explique José Achille. Il n’a pas tort, car le chrono par équipes présente une particularité : aucun leader ne voudra être distancé. Donc, les gros braquets seront de sortie dès mardi.
Mercredi, la deuxième étape (113,5 km) mènera les coureurs dans les plaines du nord, si propice aux bordures. L’année dernière, le Réunionnais Arthur Lamolly avait profité de l’inaction des prétendants pour aller remporter une victoire en solitaire sur la fin de parcours venteux de la deuxième étape.
Mais on devrait connaître le visage de l’éventuel vainqueur du Tour jeudi, après la troisième étape, longue de 107 km. Généralement, tous les vainqueurs ont dessiné leur succès à partir de cette étape de transition, qui mènera les coureurs vers l’est et le sud-est. Tout le monde le reconnaît : l’étape de Curepipe est vraiment celle qui change les données. « Je pense que le gros du Tour se jouera à partir de là. » Par « là », José Achille indique la remontée de l’aéroport à Curepipe, en affrontant le faux-plat de Nouvelle France.
Les deux étapes de vendredi — le contre-la-montre individuel (21,7 km) le matin et la course en ligne de 80 km l’après-midi — devront permettre à l’éventuel vainqueur de grappiller quelques secondes ou, à défaut, à ses concurrents de lui reprendre du temps. « L’étape de l’après-midi est inédite. Donc, ce sera le moment de voir le comportement des chasseurs du maillot jaune à ce moment », analyse José Achille.
Samedi, place à l’étape reine, 119 km et deux bosses à près de 12% d’inclinaison. « Tout se jouera là », prévoit José Achille. Une étape à quitte ou double, où une attaque placée trop tôt ou trop tard pourrait avoir des résultats contraires à l’effet escompté. Et dimanche, une petite étape de tout repos pour favoriser les sprinters surtout, avec une arrivée au Plaza, après 81 km de course.
Maintenant, les choses sérieuses vont commencer. Et bien malin celui qui pourra prédire, rien qu’en prenant connaissance des équipes, le nom du futur vainqueur du Tour. Et c’est tout aussi bien…