L’année 2015 a été l’une des plus belles pour le cyclisme mauricien, à en juger par la performance des coureurs sur les scènes régionale et continentale. JIOI, Jeux d’Afrique, championnats d’Afrique : les cyclistes mauriciens sont toujours revenus avec une médaille autour du cou. Les plus belles resteront, sans doute, celle de Yannick Lincoln à la course en ligne aux JIOI en août dernier à La Réunion et celle de Kimberley Lecourt aux Jeux d’Afrique en septembre au Congo-Brazzaville.
Cette année avait mal commencé pour les Mauriciens, si l’on excepte la médaille de bronze d’Aurélie Halbwachs aux championnats d’Afrique sur route en Afrique du Sud en février. Les garçons, eux, s’écrasaient lors des chronos par équipes et individuels, et ne faisaient que de la figuration à la course en ligne.
Mais le moment fort de la saison viendra à la course en ligne aux JIOI à La Réunion le 8 août. Au terme d’une course parfaitement contrôlée, Yannick Lincoln et Fidzerald Rabaye remportaient l’or et l’argent, effaçant ainsi les déceptions du contre-la-montre par équipes et individuel. Ils brisaient du même coup la suprématie réunionnaise en privant ces derniers de la victoire après huit éditions.
La moisson mauricienne avait plutôt bien commencé, puisque le quatuor Lincoln, Olivier Lecourt, Steward Pharmasse et Fidzerald Rabaye remportait la médaille d’argent au chrono par équipes. À la course individuelle, Lincoln prenait encore la deuxième place derrière le Réunionnais Emmanuel Chamand, alors que Fidzerald Rabaye grimpait sur le podium encore une fois.
Un mois plus tard, Kimberley Lecourt ajoutait elle aussi une nouvelle ligne à son palmarès, lors des Jeux d’Afrique. Elle remportait, en dominant au sprint, la Nigériane Gladys Tombrapa et la Sud-Africaine Lise Ollivier. Deux semaines après, elle confiait au Mauricien qu’elle n’était « toujours pas redescendue du nuage ».
Yannick Lincoln est devenu, après les championnats d’Afrique de VTT, le premier Mauricien à se qualifier pour les JO. Un exploit, quand on sait qu’il avait en face de lui une armée de Sud-Africains tous plus déterminés les uns que les autres. « J’avais déjà fait mes calculs. Il me suffisait de terminer comme le deuxième pays et les choses auraient été en place ». Une stratégie qui lui réussit, alors même qu’il évolue au Rwanda, sur le terrain de jeu d’Adrien Nyonshuti, considéré comme un des meilleurs de sa génération.
Cependant, à la Fédération mauricienne de cyclisme, on se tirait dessus. Un mouvement de contestation vis-à-vis d’Hervé Flore, alors président de l’instance, demandait sa démission, qui surviendra plus tard dans l’année, suivie d’une élection qui conduira Lawrence Wong, ancien vice-président, au poste suprême. Un choix presque logique de la communauté du vélo, qui le voyait désormais comme celui qui mènerait la barque à bon port. Wong impose sa vision et tient d’une main ferme les rênes de la fédération. Pour preuve, il y a bien eu quelques dissensions, mais rien qui n’ait affaibli considérablement la maison.
Sauf que Lawrence Wong se veut différent. Il prend les initiatives et présente en fin d’année le calendrier 2016. Un prélude à une longue saison, qui fera également la part belle au VTT. Le coup d’envoi de la sera donné le 24 janvier avec une épreuve de VTT à Albion, suivie de deux autres courses, à Coromandel et dans le Nord. La première épreuve sur route se tiendra le 21 février, avec le traditionnel Circuit du Champ de Mars.