Du 24 au 28 août, le microcosme qu’est le cyclisme mauricien vivra au rythme du Tour de l’île, rebaptisé Anglo-Mauritius Tour de Maurice. Une 30e édition du Tour qui n’a jamais été aussi ouverte. En l’absence d’Andrew McLean, vainqueur l’an dernier, les spéculations sur l’identité de son successeur vont bon train. Yannick Lincoln est annoncé comme le favori, Trent Carmen, encore junior, est lui un des coureurs à suivre.
Cette année, le Tour de Maurice s’est légèrement raccourci. 506 km au lieu des 600 km proposés l’année dernière. Mais plus court ne veut pas forcément dire moins dur. Cette année, il semble que celui qui sera en jaune à Rose-Hill dimanche prochain devra être un coureur complet.
C’est ce que Matthieu Calypso, responsable technique de la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC), a laissé entendre mercredi dernier lors de la conférence de presse visant à présenter le Tour de Maurice version 2011.
Mais attention ! Il prévient que, comme dans tous les Tours, c’est l’étape de montagne, prévue samedi, qui déterminera le vainqueur. « Il lui faudra tout de même avoir assez de jus pour qu’il se maintienne, parce qu’après, il aura un long chemin à parcourir avant d’atteindre l’arrivée », a déclaré Matthieu Calypso.
Il faudra donc que le coureur qui espère être en jaune dimanche prochain soit en grande forme. À ce petit jeu, on retrouve bien sûr le Mauricien Yannick Lincoln, déjà vainqueur de deux Tours. Alors, les autres n’ont qu’à bien se tenir. Car Lincoln a faim. Cette année, il a été tout simplement sublime. À voir son parcours aux JIOI, on peut s’attendre à du grand art. Deux médailles d’or, une au chrono par équipe, et l’autre au chrono individuel.
D’ailleurs, les feux sont au vert pour celui qui est désigné comme le chef de file de la sélection nationale. L’année dernière, il avait porté le maillot jaune pendant trois étapes avant de le céder. Lui qui court après un troisième sacre ne peut que se laisser porter par la vague de succès rencontrée par les Mauriciens aux Seychelles.
Et puis, sur le papier, on voit mal qui pourrait venir contrecarrer ses plans. Certes, les autres équipes ont fait appel à des coureurs étrangers, mais on voit mal qui pourrait venir contrer une équipe mauricienne en confiance depuis une victoire éclatante au chrono par équipes.
De plus, l’ambiance est relax dans le groupe. Martial Natchoo, secrétaire de la FMC et responsable de la délégation aux JIOI, le répétait à qui voulait l’entendre. « Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça. L’ambiance est bonne dans le groupe. »
Car c’est bien ce qu’on a vu. Une équipe de Maurice où règne surtout l’esprit de camaraderie. « L’équipe est bien. Au vu de notre préparation pour les grosses échéances, oui, on pourra espérer jouer les premiers rôles », avance l’entraîneur national, José Achille.
D’autant que Lincoln est lui aussi en forme. Valeur du jour, ils ne sont que quelques-uns à pouvoir prétendre le priver d’un troisième sacre. Mais attention ! Il semble, selon certaines sources, que le VCP-Stevenhills entend également jouer les premiers rôles sur ce Tour. Avec l’Australien Trent Carmen, un des meilleurs de sa catégorie dans son pays natal, les inamovibles Richard Barret (VCO-Reu) et Fabrice Bénard (VCE-Reu), les inconnus Sud-Africains, on devrait s’attendre à tout. Ou presque. Sauf que le Tour, cette année, durera seulement 506 km. Et que s’il faut frapper un grand coup, il faudra le faire d’entrée…