Yannick Lincoln, annoncé comme le favori du contre-la-montre individuel, a tenu son rang. Il a été tout simplement impérial sur les 21 km qui le séparaient de sa médaille d’or. Malgré une opposition qui a tout donné pour espérer le priver de cette première médaille individuelle, le chef de file du cyclisme mauricien a laissé tout son monde pantois en enlevant le chrono devant un Sébastien Elma courageux et un Hedson Mathieu dépassé.
Sur les 21 km, Lincoln a bouclé le chrono en 29’22, laissant la deuxième place au Réunionnais Sébastien Elma, à 30 secondes. Hedson Mathieu, double médaillé de bronze déjà, s’offre encore une fois la troisième place à 32 secondes. Parti en dernière position, le Seychellois, double tenant du titre, pouvait se fier aux chronos de ceux partis avant lui pour espérer arriver à contrer Lincoln. Mais c’était compter sans les fameuses jambes du coureur.
Déjà que le parcours lui convenait, il n’y avait rien qui pouvait l’empêcher d’aller à la conquête de son rêve. « C’était mon objectif pour ces Jeux. Pour moi, battre Hedson Mathieu chez lui est un gros motif de satisfaction », laissait échapper Yannick Lincoln après sa course.
C’est pourtant Pascal Ladaub qui a fait office de lièvre, avec ses 15’32 à mi-parcours. Lincoln, lui, abaissait ce chrono à 15’05, Mathieu réalisait 15’23 et Elma 15’17. À partir de ce moment, les dés étaient déjà lancés. Yannick Lincoln reprendra du temps à ses adversaires sur le chemin du retour pour terminer avec ses fameuses 29’22. On attendra l’arrivée de Hedson Mathieu pour savoir qui du Mauricien ou du Seychellois allait être sacré.
Mathieu arrivera avec 32 secondes de retard, prenant ainsi la troisième place. De plus, ce rang a longtemps été convoité par Pascal Ladaud, qui avec ses 30’05 a titillé le Seychellois. Mais Mathieu sera plus rapide de 11 secondes. Ladaub sera quatrième avec un chrono de 30’05”03.
Yannick Lincoln peine à croire à son bonheur. « Je ne faisais attention à rien. Dans ma bulle, il n’y avait que moi et la souffrance à laquelle je devais résister. C’est le travail en amont qui a payé. Je remercie tous ceux qui m’ont encouragé, mes proches, les membres de l’équipe, et les autres athlètes de la délégation », lance-t-il.
Dans le camp mauricien, c’est la joie. 13 ans depuis que Maurice n’avait pas dominé les épreuves du chrono. Maintenant que ça arrive, c’est vraiment le bonus qu’espérait la sélection nationale de cyclisme. « Yannick a fait ce qu’il fallait. On avait déjà constaté qu’il avait accompli des progrès depuis le stage en France. Maintenant, avec sa médaille, ce sont des moments à savourer », soulignait José Achille.
Maintenant que les JIOI sont passés, les regards sont tournés vers le Tour de Maurice 30e du nom. Il s’agit maintenant de penser à cet événement et aussi réfléchir à l’avenir du cyclisme mauricien…