Le coup d’envoi de la 32e édition du Tour de Maurice sera donné ce mardi par un contre-la-montre par équipes à Pailles. Avancer qu’il n’y a aucun prétendant serait a priori peu dire tant l’absence de coureurs étrangers se fait sentir. Cette année, la course au maillot jaune n’a qu’un favori en la personne de Yannick Lincoln.
Avec seulement trois équipes étrangères, on pourrait estimer que la course au maillot jaune manque de saveur. Mais Yannick Lincoln, favori n°1, voit les choses autrement. « Ce n’est pas parce qu’on ne les connaît pas qu’ils ne sont pas dangereux », lance le leader du VCJCC-Bank One.
Quelques noms reviennent cependant dans la liste rendue publique lors de la présentation du Tour. La présence des Sud-Africains Alan Gordon, maillot à pois l’année dernière, Adolphe Krige, animateur de course, le sprinter Ignatius Strydom de la OwnSurance/V-Office, promet quand même des moments forts.
Quant aux Réunionnais de la Port Pédales Association (PPA), emmenés par un Etienne Germain qui semble avoir retrouvé le niveau qui fut le sien en 2007, ils peuvent tout aussi bien faire bonne figure.
« Si je devais me méfier de quelqu’un, ce serait Alan Gordon. Il m’a impressionné l’année dernière. Et s’il a pris du coffre, il fera mal », confie le favori. Et Germain dans tout ça ? « Lui aussi a monté en puissance depuis le début de l’année. Un oeil sur lui ne serait pas superflu », souligne encore Lincoln.
Pourtant, cette année, le parcours semble lui convenir. « J’aime bien », souligne-t-il à propos du contre-la-montre individuel, vendredi matin. Car c’est là où il s’entraîne habituellement. « J’y ai mes repères. J’espère faire un bon temps et en rattrapper, au cas où j’aurais laissé quelques minutes aux adversaires. »
Justement, le parcours, cette année, est tout à fait différent. Avec un chrono par équipes pour commencer, on sera réglé sur quelques points. « C’est presqu’un sprint, à vrai dire. Et nous, ça nous arrrange un peu. Maintenant, les autres paramètres sont à prendre en considération. »
L’un de ces paramètres se situe au niveau de l’équipe qu’il aura autour de lui. Grégory Lagane, Mathieu Le Blanc, Fabien et Aurélie Halbwachs sont des coéquipiers modèles, sûrs et fiables. Et le VCJCC-Colgate, l’autre équipe, promet également un soutien.
Mais l’absence d’adversaires pourrait éventuellement venir ternir la fête, dimanche. Et comment voit-il ça ? « Je n’apprécie pas l’absence des étrangers. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Si les grands noms étaient là, c’est sûr que ça aurait ajouté de la valeur à la performance », fait ressortir Lincoln.
Le parcours, cette année, devrait faire dans les 537 km. L’étape la plus courte sera celle de Sorèze, balayée par les vents, et surtout, propice aux coups de bordures. On retrouve deux équipes à surveiller, vendredi après-midi. Les Sud-Africains de la OwnSurance/V-Office, avec Ignatius Strydom, et le BRSC-Isostar, avec Thierry David et Steward Pharmasse.
Après le chrono par équipes, la deuxième étape, mercredi, emmènera les coueurs dans les plaines du Nord. 113.5 km, avant d’attaquer la quatrième étape du Tour, jeudi, à Curepipe. 110.4 km, au cours desquels « on devrait avoir des précisions sur les éventuels porteurs des maillots rush et à points », comme l’a souligné José Achille, mercredi lors de la présentation de la course
Vendredi, deux étapes, avec le chrono le matin (13.4 km), et le circuit de SSorèze l’après-midi. Puis, les étapes reines, samedi et dimanche, avec la montée de Eau Bouilli comme plat de résistance, samedi, et la double asciencion Chamarel-Plaine Champagne, dimanche, pour conclure le Tour. Et l’arrivée, au Plaza, au terme de 118 km de course, pour célébrer le vainqueur.
La question est maintenant de savoir quelle incidence le nouveau parcours aura sur le Tour. « C’est le Tour du renouveau. Il y a quelque chose d’excitant, là-dedans. En changeant de parcours, le comité organisateur a voulu faire durer le suspens. Moi-même je me souviens avoir été regarder passer les coureurs dans les côtés, le dimanche, dans le temps. Je pense que cela maintiendra le suspens jusqu’au bout », avance un Yannick Lincoln serein, à quelques jours du Tour. Il a raison d’être serein. Il a l’équipe qu’il lui faut.
Mardi, à midi, le contre-la-montre par équipes symbolisera le Tour du renouveau…