Yannick Lincoln a remporté, dimanche, pour la deuxième année consécutive le Grand Prix Anglo-Mauritius/Rotary Club de Flacq, long de 105 km, dans le temps de 2h43’35, soit six minutes de mieux que Philippe Colin, qui accroche son deuxième podium de rang en 2h49’41.
La course n’a finalement duré que les 20 premiers kilomètres. Après, c’était une sorte de séance d’entraînement pour le coureur du VCJCC-Bank One. « Je crois que tout le monde a compris la stratégie du club », lance Yannick Lincoln pour s’expliquer. Car, lui qui a presque tout gagné, voulait surtout aider les coéquipiers à franchir la ligne d’arrivée en premier. Et depuis quelque temps, on ne le marque plus comme avant, et on surveille surtout ses coéquipiers. Donc, on lui ouvre un boulevard.
« Au départ, on avait élaboré une stratégie pour qu’un des coéquipiers gagne. Si j’étais devant avec 30 ou 45 secondes d’avance, j’étais disposé à lever le pied. » Selon lui, les coureurs qui auraient probablement gagné sont Mathieu Le Blanc et Grégory Lagane. « Ils tournent bien en ce moment », explique Lincoln. Mais la course a tourné en one-man-show — forcé — du Curepipien.
Pour en revenir à la course, elle a été compétitive pendant 20 km. Après les cinq premiers kilomètres, on voit venir les premières escarmouches. Vite maîtrisées, mais aussi pas trop favorisées par les premières difficultés, avec les faux-plats et les vents de côté, ces attaques ont pour mérite d’animer un peu le début de la journée.
Puis, trois coureurs mettent le nez au vent. Anthony Laurent, Michael Khedoo et Yannick Lincoln s’offrent un bon de sortie. Ils roulent encore quelque temps ensemble. Puis, en passant Constance La Gaité, une accélération a suffi pour que le leader du VCJCC-Bank One s’offre la sortie définitive. Derrière lui, Khedoo tente bien de se mettre dans son sillage. On voit l’effort produit sur le visage du coureur. Mais ce sera insuffisant. Lincoln, lui, en profite pour accélérer.
Et puis, on se dirige vers La Nicolière et ses pentes sinueuses. Premier constat : le peloton des poursuivants composé de Khedoo, Mike Chong Chin, Anthony Laurent, entre autres, est à 1’30. Le coup est à ce moment-là encore jouable. « Je voulais surtout faire gagner un coéquipier. Mais personne n’a pu mettre le nez à la fenêtre », regrette Lincoln. Le premier passage effectué, il ne baisse pas de régime. Au contraire, au deuxième passage de La Nicolière, il ajoute 1’30 encore à son avance. Il sort de la partie montagneuse avec un avantage de 3’00 sur ses poursuivants.
À St-Pierre, on a déjà parcouru 82 km et on est à 2h04’21 de course. À Quartier Militaire, il ajoute encore 1’00 à son avance. « Je n’ai pas fait grand-chose. J’ai seulement appuyé sur les pédales. Puis, quand j’ai eu du vent de face, je me suis dit que je devais continuer, en espérant que quelqu’un vienne me rejoindre. »
Mais personne ne le rejoindra. Et c’est bien là le plus important. Car il semblerait que derrière, les autres avaient déjà abdiqué. Lincoln, en passant Queen Victoria et sa route ressemblant un peu à celles de Paris-Roubaix, compte 6’30 d’avance sur le groupe de poursuivants !
Et le vainqueur du jour passe la ligne d’arrivée après 2h43’35. On se résout donc à se battre pour les places d’honneur. Un sprint, six minutes plus tard, verra Philippe Colin, du CPCC-Snowy, prendre la deuxième place devant Mike Chong Chin et Michael Khedoo.
Par contre, chez les juniors, une petite surprise à noter, avec la première place de William Labonne devant Grégory Lagane, en 2h53’40, contre 2h54’06 au Curepipien. Il semblerait que le changement du parcours ait aussi eu une incidence positive sur la course.
« C’est une très bonne chose. L’organisation a compris qu’il fallait revoir le tracé de la course. Et je salue cette initiative », avance Yannick Lincoln. Sauf que, au début, vers Trou d’Eau Douce, un automobiliste s’en est pris verbalement à Ajay Ramadhin, directeur sportif du VCP, et qu’un scénario catastrophe a été évité à St-Pierre…