Un peu plus de deux semaines après l’accident qui a coûté la vie à Jérôme Tennant à Nouvelle France, un autre s’est produit dimanche d’avant au cours du Grand Prix Anglo Mauritius Rotary Club de Flacq. A hauteur de Nouvelle Découverte, une voiture, aurait selon nos informations, fait fi des consignes de la police et continué à rouler heurtant deux coureurs, à savoir le Réunionnais Yannick Tariffe de passage chez nous et Jean-Hugues Labonne (Vélo club de Pamplemousses). Celui-ci a pu se relever et poursuivre la course, tandis que le premier, victime d’une fracture au tibia gauche, a été conduit à l’hôpital pour être plâtré.
Une fois encore, le débat de la sécurité des cyclistes sur les routes est relancé. Force est malheureusement de constater qu’il existe une certaine impuissance, notamment au sein de la Fédération mauricienne de Cyclisme (FMC). Le président de cette instance, Hervé Flore, ne cache pas son agacement vis-à-vis des automobilistes imprudents qui mettent la vie des cyclistes en danger. « Le malheur est que notre sport se pratique sur la route. Que l’on ait un vélodrome ou pas n’y changera rien. Mais les automobilistes doivent comprendre que les cyclistes sont vulnérables sur la route et prendre des précautions », s’insurge-t-il.
Hervé Flore ajoute que la FMC demande régulièrement aux cyclistes de respecter le code de la route et de ne pas s’exposer. Mais ce n’est pas suffisant, il faut, selon lui, que les automobilistes fassent montre de plus de coopération.
Certaines voix se sont élevées pour dire que la fédération ne fait pas assez pour assurer la sécurité des cyclistes en course. Ce que récuse avec force, Hervé Flore. « Il n’est pas vrai de dire que la fédération ne fait pas suffisamment pour protéger les coureurs. Cela nous coûte entre Rs 20,000 et Rs 25,000 à chaque course pour payer la police et les marshalls. Il n’est malheureusement pas possible de mettre un policier ou un marshall derrière chaque coureur dans une course », explique le président de la FMC.
Une autre solution pour assurer que les cyclistes roulent en toute sécurité serait de fermer les routes mais c’est difficilement envisageable. « Les coureurs auraient été en sécurité s’ils évoluaient sur des routes fermées à la circulation mais à Maurice, il est extrêmement difficile de le faire car les autorités n’y sont pas favorables », constate avec regret Hervé Flore. En attendant, une inquiétude certaine a gagné le peloton et la question reste posée : comment faire pour lui assurer une totale sécurité ?