Le contre-la-montre par équipes sur 48,5 km, traditionnelle épreuve d’ouverture du calendrier cycliste, se tient aujourd’hui à l’Étang-Salé. Un gros duel entre Maurice, tenante du titre, et La Réunion, qui veut briller sur ses terres, pour que l’un ou l’autre sauvegarde l’honneur.
Retour sur les Jeux de 2011. Maurice survole le chrono par équipes à une vitesse moyenne de 50 km/h. Du jamais vu, avec des Réunionnais relégués à plus de deux minutes à l’arrivée. Alors, forcément, sur leurs terres, il y aura de la revanche dans l’air. « On doit seulement se rappeler que nous ne sommes pas chez nous », lâche l’entraîneur national, José Achille.
Qui est le favori ? Maurice, logiquement. En tenants du titre, les protégés du duo Andrew Smith-José Achille seront à surveiller sur un parcours sûrement balayé par les vents. Mais la vraie pression, cependant, est sur les épaules réunionnaises. D’autant que la sélection-péi a connu des tensions dont elle se serait bien passée en amont des Jeux.
Il y a eu le triste épisode des querelles entre Emmanuel Chamand et Franck Parmentier, les deux leaders du groupe, au sortir d’un stage de la sélection. La décision de l’encadrement d’exclure Chamand, puis de le réintégrer, a influé sur le moral des troupes, bien plus que ne voudraient l’admettre les techniciens.
À l’opposé, Maurice présente, comme en 2011, l’image lisse d’un groupe soudé. En fait, le mérite revient à Andrew Smith, le technicien sud-africain qui a su s’imposer dès son arrivée. « Nous voulions corriger les erreurs. Il y a de petits détails à régler pour qu’ils comprennent que le but est de gagner ». On se souvient de ce coup de colère à l’issue des championnats nationaux sur route.
S’en est suivi trois semaines de stages à Aigle, au Centre mondial de cyclisme en Suisse. Ensuite, la victoire d’étape d’Olivier Lecourt lors du Circuit de la Drôme, et son classement, un top 10, est devenu un boost pour le moral de la sélection. Peut-on donc se laisser aller à un pronostic ?
José Achille veut toutefois conjurer le mauvais sort. « Non. Évitons les prévisions. On n’est pas chez nous ». Pourtant, la réussite de Maurice à ce premier test passe par la composition de l’équipe pour le chrono. Le camp mauricien n’abattra ses cartes qu’au dernier moment, en dévoilant les noms sur la ligne de départ. « Les coureurs doivent comprendre qu’ils doivent faire le maximum. L’équipe est en forme et les coureurs ont été bien préparés ».
Aux derniers Jeux, la sélection avait ramené deux médailles d’or (clm par équipes et individuel). Seule la course en ligne leur avait échappé. « Je pense que tout découlera du chrono. On aura une idée de l’état de forme de nos adversaires après la première épreuve », analyse José Achille.
Si le match Maurice/Réunion s’annonce passionnant, il ne faudra tout de même pas négliger les autres, particulièrement les Malgaches, qui ont commencé à pointer du nez. Mais pour se parer d’or, Maurice devra faire deux choses. En premier avoir une belle synchro, ensuite pédaler comme en 2011.