Alors que les championnats d’Afrique de cyclisme se dérouleront à partir du 9 novembre, Aurélie Halbwachs, seule représentante mauricienne, se rend dès aujourd’hui en Érythrée. Le but de son départ avancé : s’habituer à l’altitude. Mais surtout, elle veut reconquérir quelque chose : une participation olympique, pour les JO de Londres, l’année prochaine.
Elle y a pris goût depuis 2008 et les JO de Beijing. Il est vrai qu’elle sortait de deux belles saisons, couronnées par une médaille d’or aux championnats d’Afrique en 2006 et une participation aux Mondiaux de Stuttgart, un an plus tard. « Cette année, il y a une qualification olympique en jeu. Ça risque d’être un peu plus compliqué », explique la médaillée d’argent au contre-la-montre en 2010 au Rwanda.
De plus, la question de la participation est une constante dans ses propos. À l’issue des Jeux d’Afrique, elle s’était dit agréablement étonnée de voir que les filles marquent de plus en plus leur présence sur le continent. « Mais si celles qu’on a vues au Mozambique reviennent, cela risque d’être encore plus compliqué », ajoute-t-elle.
Par contre, ce qu’elle sait, c’est que les Sud-Africaines ne viendront pas la fleur au fusil. Quatre concurrentes qui, à elles seules, peuvent dominer les championnats. Ashleigh Moolman Pasio, Cherise Taylor, Joanna van de Winkel et Robyn de Groot ont effectué, si ce n’est toute la saison, une partie de la saison en Europe. « Elles ont été aux Mondiaux. Alors là, ce ne sera pas aussi facile que ça. Ce sera comme d’habitude pour moi : un vrai martyr. »
Mais elle ne compte pas non plus abdiquer en faveur des Sud-Africaines. « Tant qu’il y aura un coup à jouer, je vais le tenter. Après, il faudra compter sur la coopération des autres filles pour essayer de contrer les Sud-Africaines. »
Pour essayer de se préparer au mieux, elle va donc en Érythrée avec une petite semaine d’avance, histoire de s’acclimater au pays. L’altitude (2500 m) sera pour beaucoup dans les performances et les contre-performances. « À cette altitude, c’est difficile de respirer. Et puis, ce qu’on ne sait pas, c’est que s’il y a des Érythréennes qui sont du même niveau que les garçons, alors, ça pourrait poser des problèmes », concède-t-elle.
Mais les objectifs peuvent donner des ailes. Car au bout de chaque course se profilera une qualification olympique. « Je veux aller à Londres. Ce sera les JO ou rien. Est-ce que je peux faire mieux que l’année dernière ? Oui, je le pense », estime la championne d’Afrique 2006.
Maintenant, il faut seulement laisser les choses se faire, tout en essayant de se concentrer sur l’objectif. Et essayer de contrer l’adversité. « Il va falloir jouer serré. Mais avec un peu de chance et beaucoup d’application, ça devrait bien se passer », conclut Aurélie Halbwachs.