Assiste-t-on aux premières fissures dans le mur solide que la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC) veut construire ? La question est posée après que deux membres du comité directeur ont signifié leur intention de ne plus occuper de postes à responsabilités, alors que la commission technique s’est vu amputer d’un membre.
Pour l’instant, seulement deux lettres sont parvenues au bureau du président, Lawrence Wong. « Il y a une lettre que nous n’avons pas reçue », explique-t-il. Mais qu’est-ce qui a provoqué cette situation ? Pour l’instant, l’ancienne vice-présidente, Catherine Victoire, et Hans Brasse, ancien trésorier, ont délaissé les postes qu’ils occupaient pour redevenir de simples membres de la FMC, tout comme Mathieu Calypso, qui n’aurait pas encore soumis sa lettre.
Mais c’est un fait que les deux factions s’observent, même si personne ne montre les crocs. « L’ambiance est calme, cordiale. On a des divergences d’opinion, mais en même temps, ce n’est pas mauvais d’avoir une opposition », lâche Lawrence Wong, interrogé au sujet des démissions.
Les démissionnaires, eux, avancent une certaine opacité dans la gestion des affaires de la fédération. « Certaines décisions ont été prises sans l’aval du comité », laissent-ils entendre. Ce dont Lawrence Wong se défend. « On a été très transparents. On ne pouvait pas faire plus transparent que ça », affirme le président.
Pourtant — et ce n’est un secret pour personne —, les deux camps s’observaient depuis la mise en place du nouveau comité directeur. D’un côté, il y a ceux qui étaient restés fidèles à l’ancien président Hervé Flore, de l’autre, les démissionnaires, arrivés au “pouvoir” depuis quelques mois.
Pour témoin, même si personne ne l’évoque ouvertement, l’absence de quelques membres lors de la première sortie publique de Lawrence Wong. En outre, les démissionnaires dénoncent le fait d’« avoir été mis à l’écart de certaines décisions ». « Notre décision a été motivée par cette situation. C’est notre façon d’exprimer notre désaccord », avancent encore deux des démissionnaires interrogés.
Là encore, Lawrence Wong se défend. Tout s’explique, selon lui, par la vitesse à laquelle sont allées les choses une fois le nouveau comité installé. « Il y avait le Tour de Maurice à organiser. C’est normal que nous ayons eu à faire vite. Sinon, il n’y aurait pas eu de Tour », poursuit-il.
Le président a donc deux lourdes tâches devant lui. En premier lieu, désamorcer une situation qu’il ne veut pas qualifier d’alarmante, de l’autre, battre un rappel des troupes autour du cyclisme mauricien. « Pour l’instant, ces démissions n’ont pas encore été acceptées ». Est-ce à dire que les démissionnaires réintégreront les rangs ? « Je dois encore leur parler. Ils ont avancé des raisons qu’on ne peut évoquer ».
Les premières fissures apparaissent, le feu couvant sous les cendres depuis le début. Mais Lawrence Wong se veut rassurant. « Pour moi, la maison ne tremble pas. Le changement devait arriver ». En attendant, les choses pourraient atteindre le point de non-retour, même si une certaine forme d’opposition est souhaitable. « C’est sain d’avoir une opposition, mais il ne faut pas faire dans la démagogie », rappelle le président.
Mais avant toute chose, Lawrence Wong lance un appel pour que les choses aillent dans la bonne direction. « Il faut jeter les bases, il y a beaucoup à faire. J’espère que la situation va s’assainir et que nous pourrons travailler ensemble ». Son appel sera-t-il entendu ? Il l’espère en tout cas. « Je suis serein ». Le cyclisme mauricien, qui vient d’enregistrer de bons résultats, en a besoin.