Le Centre national de formation de cyclisme (CNFC) bénéficie de l’apport d’un partenaire pour les trois années à venir. Phoenix Beverages Ltd (PBL), à travers sa marque Crystal, s’affichera désormais sur les maillots et cuissards des 25 jeunes coureurs issus du Centre. Une présentation a eu lieu hier au siège de PBL avec les représentants des deux parties.
Pour Richard Wooding, CEO de PBL, il ne faut pas parler de sponsorship. « Je préfère le terme partenariat. D’ailleurs, si nous avons choisi d’investir sur les jeunes, c’est parce qu’investir dans la pépinière veut dire investir dans l’avenir. » D’ailleurs, ce « partenariat » se veut résolument tourné vers l’avenir. « Ce n’est pas seulement pour trois ans, mais axé sur le long terme », a tenu à faire ressortir Richard Wooding.
De son côté, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, a salué ce partenariat en évoquant les quatre piliers du MJS. « Notre politique est axée sur le sport de masse, la formation, le haut niveau et les infrastructures. Dans cette optique, nous avons mis un terrain à la disposition de la Fédération mauricienne de cyclisme pour qu’elle puisse y construire un vélodrome. Je comprends que ce n’est pas évident de faire du vélo sur route. » Il a aussi insisté sur le fait que son ministère a préconisé la création de centres de formation pour toutes les disciplines sportives.
Il a dit toute sa satisfaction à la FMC pour la cycliste Aurélie Halbwachs, multiple médaillée africaine. « C’est la seule athlète à toujours être sur le podium africain. Elle a été élue meilleure sportive de l’année trois fois de suite. » Devanand Ritoo a aussi souhaité que les jeunes coureurs imitent leurs illustres aînés, médaillés aux JIOI et aux Jeux d’Afrique. « Je vous souhaite de répondre présent, comme eux, aux grands événements. »
Il a aussi fait ressortir que le MJS sera toujours là pour aider les sportifs. « Je tiens à remercier les athlètes et leurs parents pour tous les sacrifices consentis. » Et il a continué en parlant des bourses accordées par le ministère des Finances. « Il y aura six sportifs qui auront droit à des bourses d’État, pour aller se perfectionner. J’espère que d’ici à dix ans nous aurons une soixantaine de sportifs de haut niveau. »
Hervé Flore, président de la FMC, a remercié PBL pour ce soutien. « Cette association sera très utile à la bonne marche du centre. Je pense que tous les coureurs en sont conscients et qu’ils feront de leur mieux pour montrer les couleurs du sponsor sur les routes », a-t-il avancé.
De son côté, Roland Nicolin, père du CNFC et ancien président de la FMC, a dressé une petite historique de cette structure qui a vu le jour il y a sept ans. « Nous avons tenu bon contre vents et marées. Aujourd’hui, nous pouvons nous targuer d’avoir 25 coureurs. »
Tout en assurant que les coureurs sont issus des régions aussi diverses que Bambous, Vacoas ou Cap Malheureux, Roland Nicolin a aussi déclaré que le CNFC se voulait une plate-forme afin de permettre aux coureurs d’atteindre les clubs. « Nous formons 50 % du peloton des catégories minimes, cadets et juniors. Et cette année, nous aurons deux filles, Milena Wong et Audrey Sénézan qui, j’espère, feront partie de la relève. »
En attendant le coup d’envoi de la saison, Roland Nicolin a cité le baron Pierre de Coubertin, qui a déclaré que l’important c’est de participer. « Moi, je vous demanderai de participer et de ramener des résultats », a-t-il conclu.
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QUESTIONS À JOSÉ ACHILLE (RESPONSABLE CNFC): « La fin justifie les moyens »
José Achille, responsable du Centre national de formation de cyclisme (CNFC), parle des objectifs qui devront être réalisés par les jeunes cette année. Après trois ans sans soutien, l’arrivée d’un partenaire vient donner plus de moyens aux jeunes, qui auront, comme finalité, une victoire.
José Achille, la venue d’un sponsor vient donner un coup de fouet à la structure du CNFC. Quel est l’objectif des coureurs du centre cette année ?
Déjà, il faut savoir que l’arrivée d’un sponsor nous permet d’envisager l’avenir plus sereinement. Mais maintenant, il s’agira de se montrer. L’année dernière, nous avons cinq ou six juniors qui sont passés au VCP. S’il n’y avait pas le CNFC, ils n’en seraient peut-être pas là.
Sur les dernières années, on n’a pas vraiment vu une victoire des coureurs du centre. Peut-on s’attendre à un succès en 2012 ?
Je pense que oui. Avec le soutien que nous allons recevoir, les résultats sont désormais obligatoires. Les coureurs devront se montrer et les résultats devront suivre. Pendant deux ans, nous avons été un peu à la débrouille. Mais cette année, nous avons le soutien. Pour moi, la fin justifie les moyens. Et nous devons faire honneur à notre sponsor en lui offrant une victoire.
Depuis 2008, le CNFC n’a pu obtenir le titre de champion de Maurice. Peut-on espérer voir un coureur du centre sacré cette année ?
Est-ce qu’un titre de champion de Maurice est une finalité en soi ? Ce que je veux dire par là, c’est que nous aurons une obligation de résultats sur l’année. Même si on arrive à faire un podium, on sera content. C’est vrai qu’une victoire est autre chose.
Quel est, pour conclure, l’objectif du centre à long terme ?
Former des coureurs. Il y a des coureurs au potentiel énorme. D’ici deux ou trois ans, il s’agira d’avoir de bons cyclistes dans le peloton. Par exemple, certains resteront au CNFC pour une durée de cinq ou six ans. Alors, cela fera un réservoir pour les espoirs.