L’Étoile de l’océan Indien ne brillera pas pour Yannick Lincoln, du moins pas cette année. Parti à La Réunion avec ses coéquipiers du VCJCC-Bank One, il n’a pu goûter à l’euphorie du maillot jaune, alors qu’il était annoncé comme un des favoris. Entre-temps, le leadership de la course a changé, avec l’Australien Mitchell Lovelock (Suzuki-Trek) qui a repris le jaune à son coéquipier Sam Sautelle au terme des 125 km de course.
Yannick Lincoln peut nourrir des regrets. Il n’a pas su flairer la bonne échappée quand elle s’est formée. Résultat : il arrive avec près de 7 minutes de retard sur le maillot jaune. Autant dire que la course est finie pour lui. Il l’admet lui-même dans les colonnes de notre confrère Le Journal de l’île de la Réunion (JIR) : « La course est finie pour moi. »
Il a laissé entendre la raison de son absence d’initiative : une grippe. Il lui reste peut-être une chance de jouer une victoire d’étape. Ce serait au moins ça de gagné pour le club.
Si pour Lincoln tout semble perdu, par contre, pour d’autres, c’est une tout autre histoire. En effet, la passation des pouvoirs en tête du classement enseigne au moins une chose : les Australiens ne sont pas là pour rigoler. En prenant le maillot jaune des épaules de son coéquipier Sam Sautelle, Mitchell Lovelock continue l’emprise australienne sur la course.
Même sans gagner, il montre qu’il est bel et bien un patron. Quand le bon coup de la journée est parti, avec les Réunionnais Rudy Sautron, Emmanuel Chamand (VCSD) Sébastien Elma (EVC) ou encore Jean-Marie Cadet (VCO), et Sébastien Le Divenach, vainqueur de l’étape, il s’est rangé dans leur sillage.
Et le plus étonnant, c’est que la Suzuki-Trek avait trois coureurs dans cette échappée, partie dès le 15e kilomètre. Et même sans une entente parfaite, le groupe allait vite arriver à prendre de la distance. À mi-course, tous les favoris, Lincoln excepté, étaient devant.
Bientôt, les choses se décantaient. Et c’est à qui aurait plus de jus dans les derniers kilomètres. L’échappée, qui comptait 16 coureurs à un moment, se retrouva réduite à sept. Richard Baret, Ruddy Sautron, Sébastien Elma, Mitchell Lovelock, William Lind et Thierry Fondere avaient tous des chances égales.
Mais dans le final, c’est Le Divenach qui s’accrochera le plus longtemps à la victoire. Lui, il vient de vivre une de ses plus belles journées. Pour Lincoln, il ne reste que l’espoir d’accrocher le chrono comme consolation.