À peine le Tour de Maurice terminé, un petit tour d’horizon s’impose. Entre les grosses satisfactions et les petites déceptions, voici un florilège de ce qui a rythmé le Tour de Maurice, 30e édition du genre, du 24 au 28 août.
On a aimé
Le sacre de Yannick Lincoln
Il la voulait cette victoire. Depuis 2007 et son deuxième Tour de Maurice, on attendait qu’il soit encore une fois sur la plus haute marche du podium. Mais entre-temps, Mickaël Malle, Sylvain Georges et Andrew McLean sont passés par là. Dimanche, Lincoln pouvait sourire : il a remporté son troisième Tour.
L’équipe de Maurice
L’année dernière, ils étaient presque transparents. Cette année, ils voulaient montrer qu’ils savaient se réveiller. Alors, pour ça, ils ont tout contrôlé pour leur leader. Eux, ce sont Pascal Ladaub, Mike Chong Chin, Yolain Calypso et Hugo Caëtane. De plus, ils s’en sont bien sortis, avec le classement par équipes qu’ils ont remporté.
La victoire de Pascal Ladaub
La première victoire d’étape de Pascal Ladaub a été bien accueillie. Elle a couronné un coureur discret, qui a longtemps été dans l’ombre et qui est revenu à son meilleur niveau cette année. Et son raid, samedi, en tête de la course, est la preuve qu’il peut être un très bon grimpeur et excellent coéquipier.
Le travail des policiers
Ils ont longtemps été critiqués. Mais cette année, ils ont parfaitement joué leur rôle. Les motards de la force policière ont été à la hauteur de la tâche qui leur était confiée. De plus, il semble que la FMC ait eu une bonne idée : avoir les mêmes motards pour toute la durée du Tour. Ce qui a grandement facilité la tâche. Mention spéciale aussi au Daimlers Moto Club, grands amis du Tour de Maurice depuis quelques années.
Les deux maillots de Jean-Denis Armand
Qu’on se le dise, Jean-Denis Armand est un guerrier. Alors qu’il est venu à Maurice sans objectif précis, il rentre chez lui avec deux maillots : le vert du meilleur sprinter et celui à pois du meilleur grimpeur. Le Réunionnais peut donc dire haut et fort qu’il a réussi son Tour, sans une équipe proprement dite autour de lui. Chapeau !
La longévité de Richard Baret
Doit-on présenter le Réunionnais Richard Baret ? Non, tant le sympathique coureur de 47 ans est connu à Maurice. Dimanche, en passant la ligne d’arrivée, il venait d’effectuer son 19e Tour de Maurice. Il en a remporté quatre Tours (1988, 1993, 1997, 2002) et n’a jamais terminé au-delà du cinquième rang. Bel exemple à suivre.
La Team ABAX
Même si elle a perdu le maillot blanc au cours de la quatrième étape, même si la plupart ont abandonné dans la longue étape de montagne de samedi, mention spéciale pour la Team ABAX, composée d’Olivier Cron, Mathieu Le Blanc, Grégory Piat, Hubert Perdrau et Sébastien Tyack. Seul ce dernier a terminé le Tour, en prenant la troisième place de la dernière étape. Mais ce qu’on retiendra, c’est que l’équipe elle-même s’est montrée soudée.
Les spectateurs
On était loin de la grande foule de 1987 quand Éric Pitchen avait remporté le Tour de Maurice. Mais dimanche, la petite foule, 400 âmes à peu près, avait fait le déplacement. Pour un sport qui n’a comme spectateurs que les parents des cyclistes, on peut s’estimer heureux. Qui plus est, ils étaient sur les routes dimanche avec leurs drapeaux pour encourager l’équipe de Maurice. Comme quoi, les Mauriciens ont été à la hauteur de l’événement.
Les nouveaux sponsors
Les nouveaux sponsors sont les bienvenus. Anglo-Mauritius, sponsor-titre, Omnicane, parrain du maillot vert du meilleur sprinter, Radio One, sponsor du maillot de la combativité, et Axess (casquette du Tour), ont apporté une touche d’originalité sur le Tour de Maurice. Mais les anciens aussi ont répondu présent, avec Snowy (maillot jaune) et la Municipalité de Port-Louis, qui est le plus ancien partenaire du Tour.
On n’a pas aimé
L’arrivée de la derni?re étape
Que s’est-il passé dimanche ? Les policiers de faction ont-ils été débordés ? On ne le sait pas. Par contre, ce qu’on sait, c’est que l’arrivée s’est faite dans une belle cacophonie, avec seulement une partie de la route dégagée, l’autre étant encombrée par les voitures et autres autobus. À revoir impérativement.
Une partie de la 4e étape
Ou plutôt la fin de la zone de ravitaillement de la quatrième étape. En montant vers Salazie, il fallait passer par Pont Bon Dieu. Une route un peu étroite, qui coïncidait avec la fin de la zone de ravitaillement. Tous voulaient doubler pour aller vers leur coureur, mais l’étroitesse de la route ne le permettait pas, ce qui a donné lieu à un beau concert de klaxons. Là aussi, à revoir.
L’ardoisier
Dans notre édition de vendredi, nous avions fait état du travail de l’ardoisier. Une critique que certains n’avaient pas appréciée. De plus, d’autres se font les défenseurs des ardoisiers, disant qu’ils doivent montrer les écarts aux coureurs de l’échappée et au peloton, sans plus. Or, dans les règlements de l’Union cycliste internationale, il est stipulé que « timekeeping shall be conducted at several points along the distance, so distributed as to ensure that riders and spectators alike be continually informed of the progress of the race. » Ça a le mérite d’être clair…
Le niveau des Sud-Africains
On s’attendait à mieux. L’année dernière, les équipes sud-africaines ont marqué le Tour de leurs empreintes avec deux victoires d’étapes et une victoire finale. Cette année, la Team Bionic/V-Office n’a fait que survivre, rien de plus. Avec une victoire d’étape l’année dernière, on s’attendait à les voir en forme. Mais non. On s’est trompé…