Philippe De Cotte, pensez-vous qu’à l’issue de cette 6e et avant dernière étape, le plus dur a été fait pour Yannick Lincoln dans sa conquête d’un 4e Tour de Maurice ?
Oui définitivement. C’est une véritable démonstration de force qu’il a réalisée en montagne lors de cette 6e étape. Je savais qu’il était très fort dans cette épreuve. Ce n’est pas pour rien qu’il s’est imposé sur la même épreuve l’année dernière. Sauf accident, Yannick Lincoln remportera le Tour de Maurice 2012. J’en suis sûr et certain. Il a couru intelligemment depuis le début et il a su attaquer au moment opportun. Ce sera très dur pour les autres adversaires de venir le chercher maintenant qu’on approche du dénouement.
Mais il reste tout de même une dernière étape et force est de constater que le Réunionnais Christophe Boyer n’accuse que 33 secondes de retard. Le coup demeure-t-il toujours jouable pour le Mauricien ?
Bien évidemment. Personnellement, à ce stade, je ne le vois pas perdre le maillot jaune de leader. Il a déjà fait le plus dur. Ce ne sera pas à lui de tenter des choses. Il n’aura qu’à gérer son avance. Aujourd’hui Christopher Boyer et son équipe se retrouve dans l’obligation d’attaquer pour espérer lui ravir le titre. Ce ne sera pas une mince affaire car le coureur mauricien ne se laissera pas faire aussi facilement. Perdre le Tour sur cette étape de 72 km ne me paraît pas possible. Il faut cependant demeurer prudent jusqu’au dernier moment. Il abordera cette dernière étape avec beaucoup de sérénité et un gros ascendant psychologique.
Comment avez-vous trouvé le 31e Engen Tour de Maurice 2012 ?
Exigeant. Les étapes étaient très disputées et les coureurs ont été poussés dans leurs derniers retranchements à chaque fois. J’ai constaté que les différents parcours étaient vallonnés, avec de la pluie par intermittences. Avec le Contre-La-Montre par équipes de la première journée, nous étions déjà fixés sur les échéances à venir. La Team Computer a montré qu’elle était une équipe très forte. Nous avons eu droit à des courses avec des leaders. Il ne faut pas oublier que le Vélo Club de Saint-Denis a essayé durant deux jours de replacer les cyclistes au classement général comme Baret lors du Grand Prix de la Ville de Curepipe mercredi ou encore Emmanuel Chamand vendredi, qui a tenté deux échappées.
Le fait d’avoir à défendre le maillot jaune depuis la première étape a certainement été dur à porter pour le TCS ?
Ils ont certainement laisser des plumes en route. Jaco Ferreira a beaucoup travaillé lors des différentes étapes tout comme ses autres coéquipiers pour conserver le maillot jaune. Les coureurs savent ce qu’ils doivent faire. Il a perdu son maillot jaune au profit de son coéquipier Willie Smit lors du clm individuel. Et Willie Smit a perdu le fauteuil de leader en montagne. C’est des choses qui arrivent. Les tactiques de l’équipe Sud-Africaine n’ont pas marché. Tout simplement.