Le jeune Réunionnais Bertrand Soubadou (VCE) a remporté la sixième étape du Tour de Maurice disputée à Ébène et dont l’arrivée était jugée au Plaza à Rose-Hill devant une petite foule de passionnés venus accueillir Yannick Lincoln, triple vainqueur du Tour. Si le Réunionnais, maillot vert en 2010, s’est réveillé pour remporter l’étape (72 km) en 1h50’17, Lincoln, maillot jaune depuis mercredi, entre dans l’Histoire du cyclisme en devenant le premier Mauricien à remporter trois éditions.
Le moment était presque solennel quand Yannick Lincoln passe la ligne d’arrivée. La longue haie d’honneur qui l’applaudit, et Yannick Lincoln savoure un troisième Tour de Maurice. « J’ai toujours dit que je prendrais ma retraite après avoir gagné trois Tours. Terminer trois fois second, ça devenait un peu une habitude. Maintenant, c’est fait. J’ai trois Tours de Maurice à mon palmarès », souriait-il.
José Achille, l’entraîneur national, peut lui aussi sourire. Il a bâti une équipe avec des individualités qui ont fonctionné comme une famille. « Oui, c’est un gros travail collectif. On a vu la concrétisation de ce travail depuis le stage en France. Je tiens aussi à remercier les Mauriciens qui nous ont aidés, et surtout l’Australien Trent Carmen qui, par amitié pour le club qui l’a invité, nous a donné un coup de main. »
Yannick Lincoln aura mis au total de 12h48’04 pour couvrir les 506 km qui le séparaient de la ligne d’arrivée du Plaza. « Je crois que c’est la première fois que j’ai autant d’avance. Je savais qu’il fallait gérer. Et mes coéquipiers ont été à la hauteur. »
Le Réunionnais Emmanuel Chamand, deuxième à 5’10, n’a pas de regrets. À l’issue de l’étape de samedi, il confiait que Lincoln était le plus fort. « Il nous a tous lâchés dans la montée. Même si on s’est entendus pour lui donner la chasse, il était au-dessus de nous. »
La dernière étape, marquée par les nombreuses attaques du peloton sur l’autoroute et l’arrivée devant une longue file de voitures, a souri au maillot vert de l’an dernier, qui n’a jamais pu se mettre au diapason depuis le début du Tour. « Quand j’ai vu que c’était perdu pour le maillot vert, alors, on s’est dit avec les gars qu’une victoire d’étape serait bienvenue », lançait Bertrand Soubadou, 20 ans en décembre.
Pendant l’étape, c’est une succession d’attaques qu’a dû subir la sélection mauricienne. Car ils voulaient faire gagner Yolain Calyspo qui, bien au chaud, n’a pu disputer l’emballage final. « On avait décidé que ce serait chacun son tour pour la victoire d’étape. Mais Jean-Denis Armand ne l’entendait pas de cette oreille », souriait Yannick Lincoln, qui s’est transformé en poisson-pilote pour l’occasion.
Alors qu’on s’observait dans le peloton, plusieurs ont tenté leur chance. Thomas Desvaux, Emmanuel Chamand (VCSD/Reu), Mike Ferrere (VCE/Reu), mais personne n’a eu la réussite escomptée. On avait alors effectué les 12 tours du circuit et on se dirigeait vers une arrivée groupée. Mais auparavant, il fallait passer le cap de la dernière bosse, entre Beau-Bassin et Plaza.
Cinq coureurs sortent. Bertrand Soubadou (VCE), Jean-Denis Armand (VCJCC-Bank One), Sébastien Tyack (BRSC-VCJCC/ABAX), Adolphe Krige (Bionic-V-Office/Af. Sud) et Yolain Calypso disputeront le sprint. Armand lève le lièvre. Mais Soubadou, plus habitué à ce genre d’exercice, sera le plus rapide et passera la ligne en 1h50’17. Les autres passeront la ligne dans le même temps.
« Ça fait plaisir de remporter sa première victoire sur le Tour de Maurice. Et puis, là, je n’ai pas l’impression d’avoir raté mon Tour. Même si je ne rentre pas avec le maillot vert, je rentre chez moi avec un trophée », conclut Soubadou.