20 ans et déjà un palmarès éloquent. Christophe Boyer, qui a remporté dimanche la 66e édition du Tour de La Réunion, a fait une leçon à ses adversaires, mais a aussi su rassembler autour de lui les coureurs péi qui l’ont aidé dans sa quête du maillot jaune.
Ce maillot jaune, il n’aurait pu jamais le revêtir. Dans la quatrième étape, jeudi, il fait preuve d’une belle abnégation : il donne sa roue à Sébastien Hoareau, alors qu’il était mieux classé au général. Mais Anthony Cherfiare, son directeur sportif, l’a rabroué.
Lui-même n’aurait pas pensé se retrouver en jaune. « C’était une erreur de jeunesse. J’ai agi instinctivement », déclare-t-il au Journal de l’île de La Réunion. Mais en même temps, ce retard de 2’21 concédé après le fameux épisode de la roue, lui ouvre la voie vers la première marche du podium. « Cela m’a permis de m’échapper le lendemain car j’étais moins dangereux au général. Sinon, je n’aurais pas pu partir. »
Donc, en prenant le maillot jaune vendredi après-midi, il avait déjà calculé son coup. Il savait qu’il lui fallait survivre les deux dernières étapes samedi et dimanche pour rentrer avec le maillot jaune sur les épaules. Mais dans sa route vers la première marche du podium, il aura bénéficié de l’aide des autres coureurs réunionnais, ses adversaires les dimanches matins mais si prompts à se fédérer autour d’un des leurs.
Jean-Marie Cadet, Sébastien Hoareau, Stéphane Lucilly, ancien vainqueur du Tour de La Réunion il y a tout juste dix ans, Christophe Boyer a bâti son succès grâce à ses camarades. Depuis l’Étoile de l’océan Indien remportée il y a deux ans, il a bien grandi. Il a tellement grandi que sa deuxième place au Tour de Maurice — avec une victoire d’étape en prime — laissait présager quelques beaux résultats. Maintenant, Christophe Boyer se retrouve au panthéon des cyclistes réunionnais.
Quant à la sélection mauricienne, elle s’est bien défendue en terre réunionnaise. Si l’on excepte Mike Chong Ching et Yannick Lincoln, le reste du groupe — Mathieu Le Blanc, Olivier Lecourt et Anthony Laurent — est encore très jeune. Ce qui laisse supposer qu’ils seront appelés à défendre dignement les couleurs mauriciennes dans les années à venir.
Et justement, Yannick Lincoln, quadruple vainqueur du Tour de Maurice, n’a pas non plus à rougir de sa performance. Huitième au général, à 6’07 de Christophe Boyer, il n’a jamais abdiqué, même quand il s’est retrouvé seul contre tous.
Mais il convient de souligner qu’une équipe nationale ne se met pas sur pied une semaine avant un rendez-vous. Le résultat que Lincoln avait ramené en 2009 — troisième du Tour de La Réunion — n’était certainement pas le fruit du hasard…