Le Français Mickael Damiens (CCSL A) a remporté la troisième étape du Tour de Maurice, longue de 107 km, dans le temps de 2h35’03. Cette étape a également vu le maillot jaune changer d’épaules, du Sud-Africaine James Tennent, vainqueur la veille à Goodlands, qui le passe au Français à la suite d’un long conciliabule entre commissaires et responsables de course.
« L’objectif n’était pas le maillot jaune. Nous voulions avant tout une victoire d’étape. Et le jaune est un bonus », souligne le vainqueur du jour. L’étape d’hier a été marquée par la longue échappée du coureur, d’abord en compagnie de Steward Pharmasse et Jaco Ferreira, puis en solitaire, sur près de 50 km.
« On s’est bien entendus tout de suite. Il fallait mettre le plus d’écart possible avec le peloton », explique Mickael Damiens, 28 ans, qui vient de reprendre le vélo après trois ans d’arrêt. Ce dernier, ancien coéquipier de Yannick Lincoln au club de Blagnac, avoue cependant que le profil de l’étape lui convenait parfaitement, « même si c’était assez dur sur la fin », admet-il.
Si c’est lui qui lève les bras à la fin de la course, c’est pourtant son coéquipier Damien Leguay qui s’offre le premier bon de sortie sur la bretelle de Phoenix, après moins de 10 km de course. Il creusera rapidement l’écart, montant même à un peu plus d’une minute à hauteur de Quartier Militaire.
Derrière, le peloton, sous l’impulsion du maillot jaune, met les bouchées doubles pour revenir à la hauteur du fuyard. Calme plat au moment d’aborder la remontée. Mais à Grande-Rivière-Sud-Est, d’autres escarmouches suivent. Steward Pharmasse (FFSC-KFC), Jaco Ferreira (Team Jaco/Af. Sud) et Damien Leguay sont aux avant-postes.
À eux trois ils impriment un rythme imposant, prenant rapidement de l’avance, montant jusqu’à 2’41. Derrière, les poursuivants se réveillent. En remontant l’autoroute, les principaux leaders se décident enfin à rouler. Le maillot jaune, qui a été victime d’une panne mécanique, avait lui choisi d’envoyer ses coéquipiers à l’avant dans le groupe de poursuivants, histoire de tasser les choses.
« Je ne comprends pas. Il pouvait à peine avancer. Mais il a choisi de faire ses coéquipiers rouler devant et de chasser ensuite », lâche un Yannick Lincoln pas entièrement satisfait.
Cela dit, devant, les choses commençaient à se décanter. Pharmasse et Ferreira lâchent prise, et le Français s’en va, seul, passer la ligne d’arrivée.
Mais ce que les échappés ne voient pas, c’est l’effort surhumain du peloton, emmené par Yannick Lincoln et le maillot jaune, pour revenir à leur hauteur. « Ce n’est pas l’étape où on fait la différence. Mais au moins, on a vu de quoi est fait le maillot jaune. D’ailleurs, c’est bien lui le plus fort », explique Lincoln.
Quant au nouveau maillot jaune, désigné après maintes discussions, il s’est dit confiant de la suite, même s’il devait surtout attendre l’étape de cet après-midi pour avoir un nouveau point de vue sur la course. « Maintenant que nous l’avons, nous allons le défendre. J’étais bon au chrono. Mais il ne faut pas seulement focaliser sur l’étape du matin. Il y a aussi samedi, où c’est montagneux », souligne-t-il.
D’ailleurs, il pense à la dure course qui l’attendra au cas où il se retrouve toujours en jaune samedi matin. « Je me suis laissé dire qu’il y a avait des portions à 10%. Et ça risque d’être très dur », fait-il encore ressortir.
Quant à James Tennent, il a été descendu de son perchoir et se dit déçu de la tournure. « Ce n’est pas pour critiquer, mais après les efforts consentis, je perds le maillot seulement parce qu’il a passé la ligne d’arrivée avant moi. Au moins, ça me donne de la motivation pour aller reprendre le maillot jaune », prévient-il.