Le Tour de Maurice cycliste, de mercredi à dimanche dernier, a vu la victoire du Sud-Africain Willie Smit (Team Computer Smith), qui a devancé le Français Sylvain Georges (UCRH-Engen). Si on dénote une grosse hausse dans la qualité du Tour, de l’organisation au niveau des coureurs présents, par contre, il y a eu quelques petits manquements que les organisateurs devraient revoir pour l’année prochaine.
Que pourrait-on reprocher à l’organisation ? Il y a eu, lors de la quatrième étape, une mauvaise gestion de l’arrivée. Des véhicules aux alentours de la ligne d’arrivée, dégagés in extremis, ont un peu pourri ce qui aurait pu être une arrivée massive. Pourtant, les marshalls et les motards de la force policière avaient abattu jusque-là un bon travail. Il a fallu cette arrivée à Beau Vallon pour soulever divers commentaires.
Mais il est un fait que le Tour a pris une nouvelle dimension cette année, avec l’introduction de deux nouveaux maillots distinctifs. Signes de renouveau ? Oui. Les sponsors ont répondu à l’appel de l’organisation. Sadia et la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) ont récupéré les maillots du classement vétérans et régional respectivement.
Une démarche qui s’inscrit dans une logique d’expansion du Tour, que la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC) veut imposer dans le giron. « Le Tour de Maurice fait partie du patrimoine de la fédération », avait déclaré Lawrence Wong, président de la FMC, lors de la présentation de l’événement dans les locaux de la MTPA. Une expansion qui verra peut-être le Tour s’exporter en Afrique, même si, pour l’instant, il se voit cantonné à n’être qu’une épreuve regroupant des coureurs de niveau régional.
Sauf qu’il y a quelques conditions qui doivent impérativement être réunies pour briguer une place sur l’Africa Tour. En premier lieu, un barème de prix qui tourne au minimum autour de Rs 300 000. Le pari est donc pris. Puis, l’Africa Tour étant une épreuve regroupant des professionnels, les routes doivent impérativement être fermées à la circulation. Une situation sur lesquelles devront travailler les organisateurs s’ils veulent passer ce cap.
On doit aussi saluer la victoire du Sud-Africain Willie Smit. Ce dernier a misé gros sur les première et troisième étapes pour enlever le maillot jaune et le conserver tout au long de la course. Il lui a fallu dans un premier temps endiguer les attaques d’un peloton qui voulait le détrôner de son piédestal. Mais il a su compter sur ses lieutenants. « Un grand merci à l’équipe. Sans mes coéquipiers, je ne serais pas là. Ce maillot jaune est aussi le leur », disait-il dimanche.
Pourtant, Sylvain Georges, James Tennent et Yannick Lincoln lui ont mené la vie dure. Lincoln, bien qu’esseulé, n’a jamais abdiqué face à l’adversité. Quant à Tennent et Georges, ils ont eu tout le mérite de ne pas avoir abandonné. Sylvain Georges est d’ailleurs le premier déçu, lui qui partait avec l’étiquette de favori. « Mais il faut reconnaître que Smit était fort cette année ». Ce qui résume assez bien le niveau.
Un niveau qu’on devrait retrouver plus souvent sur le Tour, selon Yannick Lincoln, quatrième au général. « Ce serait une bonne chose. Il y a beaucoup de jeunes talents qui gagneraient à côtoyer des coureurs de cette trempe », notait Lincoln. En effet, on a vu les jeunes Grégory et Christopher Lagane s’imposer, l’un lors de la deuxième étape et l’autre comme le deuxième meilleure mauricien. Pour le cyclisme local, la relève est là.