Le leader du VCJCC-Bank One, Yannick Lincoln, a remporté pour la troisième année consécutive le Colin Mayer Classic. Au terme des trois étapes, il a dominé les 165,8 km devant le Réunionnais Fabien Gauvin (VCE) et l’étonnant Gabriel Mayer, de retour d’un passage en France. À l’issue de la course, Lincoln a tenu à remercier « tous ceux qui ont porté un maillot du VCJCC-Bank One ».
Après avoir démarré son week-end de la plus belle façon en remportant le chrono (13 km) en 17’14, il se maintient en tête du classement en rentrant dans le peloton, alors que Jean-Denis Armand (VCO) allait remporter une victoire au sprint devant Jean-Hugues Labonne (VCP).
Dimanche, alors qu’il se savait la cible de toutes les offensives, il attend patiemment son heure. Si les Réunionnais avaient presque subi la loi mauricienne samedi, malgré la victoire de Jean-Denis Armand dans le critérium l’après-midi, dimanche, ils s’étaient passé le mot pour faire vivre un véritable enfer à Yannick Lincoln.
99 km, dont près de 50 à pourchasser les échappés. En sortant du Morne, les choses se tassent un peu. Personne ne veut sortir, peut-être par crainte de se brûler. Mais Jean-Denis Armand (VCO), Stéphane Lucilly (VCO) et Thierry David (BRSC-Isostar) se retrouvent à l’avant. Avec 45 secondes d’avance, ils ne sont théoriquement pas dangereux pour le maillot jaune.
À Bel Ombre, l’avance passe à une minute. Et le peloton, sous l’impulsion du VCJCC-Bank One, reprenait les échappés. Fantaisie, première difficulté du jour : Richard Barret (VCO), éternel baroudeur, s’essaie à la sortie. Il prend dix secondes, puis 35, sans jamais réussir à semer le peloton.
Et pourtant, le VCJCC-Bank One a contrôlé la course au moment où il le fallait vraiment. Dans la partie roulante du Morne, le peloton se regroupait définitivement. Mais les Réunionnais, qui rêvaient d’une deuxième victoire après celle d’Armand samedi, se réveillaient. Jean-Marie Cadet (VCO) et Bertrand Soubadou (VCE), déjà vainqueur de la troisième étape l’année dernière, mettaient le nez devant.
Rapidement, ils prennent 1’00. Mais dès les premiers lacets de Chamarel, Soubadou, sprinter confirmé, trouve les pentes un peu trop raides. Malgré les encouragements de Jean-Marie Cadet, le jeune se fera lâcher.
C’est à partir de ce moment que Yannick Lincoln se mettra en branle. « J’ai gagné parce que j’avais des coéquipiers », explique le vainqueur du jour. Avec l’aide de Fabien Halbwachs, Aurélie Halbwachs, Sébastien Tyack, Matthieu Le Blanc, il se positionne pour affronter la dernière difficulté de la course : Chamarel.
Et en bon grimpeur, il place une belle accélération pour voir qui suivrait, et se retrouve à peu près seul. En descendant cette fois Fantaisie, il prend de plus en plus d’avance, jusqu’à compter 1’30 à Macondé. « Cette course, je voulais la gagner pour mes coéquipiers. Ils ont fait un gros boulot et si je n’avais pas tenté quelque chose, je n’aurais pas fait honneur à leur courage et leur abnégation. »
« Plus de motivation »
Alors qu’il se dirige seul vers la ligne d’arrivée, les Réunionnais tentent le tout pour le tout. Bertrand Soubadou et Ludovic Boyer, tous deux du VCE, arrivent en boulet de canon. Trop tard cependant pour aller reprendre Lincoln, qui avait déjà passé la ligne d’arrivée au terme de 2h37’12. Le duo Réunionnais arrive, lui, avec 43 secondes de retard.
Au général, Yannick Lincoln aura mis 1’05 à Fabien Gauvin et 1’30 à Gabriel Mayer. Au total, il aura passé 4h15’06 sur son vélo. Maintenant, il lui faut d’autres objectifs, surtout que les championnats nationaux arrivent dans un mois. « Pour moi, un mois, c’est long. Je préfère vivre les courses les unes après les autres. J’aurais aimé plus de motivation, plus de temps pour le vélo », sourit Yannick Lincoln.
L’Étoile de l’Océan indien, début juillet, arrive aussi comme un des objectifs à atteindre, même s’il n’a pas vraiment coché ce rendez-vous sur son calendrier. « Ce serait bien d’y aller faire un tour. Personnellement, je passe beaucoup de temps au boulot. Je n’ai donc pas le temps de m’entraîner. » Et les deux Tours (Maurice et La Réunion) alors ? Là encore, l’objectif se situe loin dans le temps. « C’est très loin. Je vais prendre semaine après semaine » conclut Lincoln.