À quelques jours du coup d’envoi des hostilités, Yannick Lincoln, chef de file du cyclisme mauricien et fraîchement nommé capitaine de la délégation masculine, parle d’un défi à relever. Mais s’il ne veut pas s’avancer à faire des pronostics, il dit préférer se retrouver dans le rôle du chasseur au lieu de celui de la proie…
À quoi doit-on s’attendre de lui en terre seychelloise ? « Je ne m’avancerai pas à trop de pronostics. Pour moi, il s’agira de faire mes courses. » Et pourtant, lui pense que la situation n’est pas à son avantage. « Ce n’est pas un grand changement pour moi. Je suis habitué à cette situation. »
Il sait de quoi il parle, surtout depuis qu’il a vu les Réunionnais lui chiper le maillot jaune en collaborant tous lors de L’Étoile de l’océan Indien, l’année dernière. « C’est clair que je n’aime pas me retrouver dans cette situation. Ce n’est guère plaisant. Mais depuis le temps, je suis habitué à gérer ce genre de choses. »
Pourtant, même s’il est considéré comme le grand favori, pour lui, c’est un titre sans grande importance. « Ça ne veut strictement rien dire, surtout dans un sport aussi aléatoire que le vélo. » Mais encore ? « Ça veut dire que rien n’est joué d’avance. Je pense ici au contre-la-montre individuel. Ça dépend de beaucoup de choses », explique le champion de Maurice du chrono individuel.
Qui voit-il comme ses plus féroces adversaires ? Les Réunionnais d’abord. Et les autres ensuite. « Pour chaque Réunionnais dans la sélection, il y en a encore un qui est au moins tout aussi fort. Là-bas, ils ont des coureurs tous plus costauds les uns que les autres. Alors, le choix est vaste. »
Ce n’est donc pas une surprise de les retrouver là. Surtout les Jean-Denis Armand, Stéphane Lucilly et aussi le jeune Christophe Boyer. « Je sais ce qu’ils valent. Ce sont des gars difficiles à lâcher, très difficiles à battre. Si je suis le favori individuel, eux le sont en tant que collectif. »
Et les Seychellois, qui évolueront chez eux, quel rôle leur accorde-t-il ? « J’ai entendu parler d’eux l’année dernière. Mais rien de précis. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait. Ils sont apparus au Rwanda et aux Jeux du Commonwealth. Mais ne me demandez pas plus. Ils ont été très secrets », avance le leader de la sélection mauricienne.
Mais les Seychellois et les Réunionnais ne constituent pas, à eux seuls, la menace. Il y a aussi les Malgaches, qui ont montré le bout du nez l’année dernière au Tour de La Réunion. Déjà, ils avaient créé la surprise en terminant la course, même s’ils n’étaient que trois. Mais l’autre surprise est venue de leur classement en course, tant sur les étapes que sur le général : ils étaient toujours devant les autres Mauriciens. « Et ce, alors qu’ils n’ont pas d’expérience de la course. Mais malgré ça, ils pourraient aller titiller les Réunionnais et même jouer les trouble-fête. »
Et dans l’éventualité où il se retrouve devant pour la course en ligne, course qu’aucun Mauricien n’a gagnée depuis la création des Jeux ? « On verra bien. Il faudra être rapide à imaginer une stratégie. » Mais Lincoln est le premier à reconnaître que tout peut arriver. « On peut mettre en place la meilleure des stratégies. Mais elle change dès le kilomètre zéro. Il faudra vraiment voir selon les forces en présence. »
Et si c’est une arrivée au sprint, domaine qu’il ne maîtrise pas tout à fait ? « Il faudra voir dans le cas de ce mano-a-mano. On verra bien. Mais il faudra surtout imaginer un plan. »
En attendant le début de la première épreuve, le contre-la-montre par équipes, il tente de s’imprégner de cette atmosphère si particulière des JIOI. Celle qui entoure un favori qui tente de se faire oublier…