La saison cyclonique connaît un début fulgurant avec Anaïs, un système classé en intensité maximale – au stade de cyclone tropical intense – qui est apparu soudainement dans notre région. Elle s’est développée tellement rapidement qu’elle est qualifiée de système précoce. À peine baptisée samedi matin par les services météorologiques mauriciens, Anaïs, la première formation hors saison de la saison cyclonique 2012/2013, s’est intensifiée rapidement durant le week-end grâce aux conditions atmosphériques dans sa zone de formation.
À 10 h ce matin, Anaïs était situé aux points 12,7°Nord et 64, 3° Est et évoluait dans une direction générale du sud-ouest à une vitesse moyenne de 11 km/h. Le système cyclonique ne devrait avoir aucune influence dans l’immédiat sur le temps dans notre pays, du moins jusqu’à ce soir, fait-on comprendre à la station météorologique de Vacoas. À 13 h, au moment où nous mettions sous presse, Anaïs était situé aux points d’intersections 13,0°Nord et 64,0° Est et se déplaçait dans une direction générale du sud-ouest à une vitesse de 11 km/h.
Durant le week-end, Anaïs a conservé une trajectoire d’ouest sud-ouest et sa vitesse de déplacement a varié entre 10 à 15 km/h avec un oeil bien visible depuis samedi soir.
La station météo de Vacoas se montre prudente au sujet de l’évolution de ce système car elle est d’avis qu’Anaïs a possiblement déjà atteint son pic d’intensité et devrait ainsi connaître une baisse de puissance dans les jours qui viennent.
Mais ce n’est qu’à partir des « ground truths » recueillies à St-Brandon que les météorologues seront en mesure de mieux définir l’évolution de cette formation cyclonique, se basant sur des données de terrain. Au passage du cyclone tropical intense près des côtes de St-Brandon ce soir, des données météorologiques précises seront collectées — vitesse des vents, pluies, entre autres… « Il est prévu qu’Anaïs passe au plus près des côtes de St-Brandon entre ce soir et demain matin. Les données enregistrées permettront aux prévisionnistes d’être plus pointus dans leurs prévisions demain matin concernant son influence sur Maurice et les îles voisines », explique Mamade Beebeejaun, directeur adjoint de la Météo de Vacoas.
Les données de St-Brandon seront en effet décisives quant à savoir si le météore — classé au niveau 5,5 sur l’échelle de Dvorak — maintiendra sa trajectoire ou non. En tout cas elles permettront de quantifier les pluies qui accompagnent le cyclone et de savoir si d’une manière directe il constituera une menace ou non pour Maurice.
Les météorologues espèrent que les bandes nuageuses occasionneront des pluies abondantes dans nos parages.
Pour un milieu d’octobre, soit quelques jours avant le début de la saison cyclonique, qui s’étend normalement de novembre à mai, ce phénomène n’est pourtant pas exceptionnel, souligne Mamade Beebeejaun. Anaïs est en effet la douzième formation cyclonique, depuis 1962, à voir le jour en octobre. Le dernier était Asma en 2008. Mais ce qui est intéressant de souligner, c’est qu’outre sa vitesse fulgurante de développement, Anaïs est, après Belamine, en octobre 1996, le deuxième système à atteindre le stade d’intensité maximale des formations cycloniques dans le bassin de l’océan Indien.
La formation d’Anaïs en fin de saison hivernale est sujette à des interrogations quant aux possibles conséquences du dérèglement climatique sur notre région. En effet, elle vient s’ajouter au phénomène rarissime de l’autre système dépressionnaire qui s’était formé durant l’hiver 2012, en l’occurrence Kuena, qui avait atteint le stade de forte tempête tropicale, et été baptisé le 6 juin dernier.