Après avoir affecté Rodrigues durant toute la nuit de vendredi à samedi, l’intense cyclone Amara s’éloigne de la petite île vers le sud-est. Selon la station météorologique nationale, le danger de conditions cycloniques est maintenant totalement  exclu à Rodrigues. La station nationale pense également que le très intense cyclone Bruce, encore plus phénomènal que le premier nommé, et qui évolue dans l’ Océan indien ne nous inquiètera pas. Selon les dernières informations dont disposait  les météorologues hier soir, Bruce serait actuellement pris dans des eaux froides du sud de l’océan et devrait bientot lui aussi commencer à se dissiper.
Une saison mal commencée
Quoi qu’il en soit, une chose est certaine à ce stade:   la présente saison cyclonique  aura très mal débuté avec déjà deux gros cyclones du calibre d’Amara et Bruce. Avec un mois de novembre 2013 qui a déjà été repertorié par l’agence américaine NOAA comme  le plus chaud enregistré dans l’Océan indien depuis 1880 ( ce qui expliquerait la forte température de 35° celsius notamment à Port Louis ces derniers jours ), une aussi importante activité cyclonique était prévisible et on devrait, peut-être, se préparer à d’autres catastrophes naturelles du même type d’ici la mi- mai prochain.
A hier soir, les premières données techniques recueillies par la station nationale indiquaient que les plus fortes rafales qui ont balayés Rodrigues ont été de l’ordre de 152 kilomètres/ heure à Pointe Canon, 135 à Pointe Corail et 133 à Citronnelle. Selon M. Mamade Beebeejaun, directeur général de la météo, la relative chance de nos amis rodriguais, aura été que, heureusement, la bande active de la partie ouest de l’intense cyclone Amara n’aura fait que frôler leur île. Le centre du météore lui-même est passé à son point le plus rapproché des terres à quelque 70 kilomètres. Les dégâts auraient été plus conséquents si le centre du cyclone avait traversé le pays et cela avait été largement craint à un moment donné.
Un véritable super-ouragan !
Quant à Bruce, son amplitude et sa masse a fait frémir les méteorologues de tous les sites d’observations du monde entier. Son intensité avait atteint en l’espace de seulement trois jours 7.5 sur l’échelle de mesure Dvorak. Cette échelle, il faut le savoir, compte 8 points ! Il y avait autour de son oeil des rafales de l’ordre de 322 kilomètres/ heure. A titre de comparaison, les plus fortes rafales du récent cyclone Haiyan, qui a fait des milliers de morts aux Philippines avaient été de 315 km/h… Ce qui fait que, pour nombre de météorologues, Bruce était à classer plus dans la catégorie des super-ouragans que celle de cyclones
Mamade Beebeejaun, qui a eu une longue carrière de méteorologue, confie qu’il n’a jamais vu un phémonème cyclonique aussi impressionnant et, en même temps fascinant. Et, le vrai miracle, selon lui, c’est que, à aucun moment, Bruce n’a menacé directement une île ou une terre ferme quelconque lors de sa traversée de l’océan.
Bruce restera dans les annales météorologiques non-seulement un un très dangereux cyclone, mais, également, comme le tout premier dont le nom, donné par les autorités australiennes, a été maintenu par les autorités mauriciennes et réunionnaises. Si la Réunion et Maurice s’en étaient tenu à la tradition, Bruce aurait dû avoir été rebaptisé Bejisa ( nom choisi par le Swaziland ). Mais, pour des raisons pratiques et afin de ne pas confondre les populations, les bateaux et les avions qui étaient concernés par son évolution, le nom de Bruce a été conservé. Selon Mamade Beebeejaun, ce sera désormais le cas quand un cyclone formé dans la zone de surveillance australienne pénetrera celle placée sous la responsabilité de Maurice et du centre régional de la Réunion.