En marge de la présentation officielle, aujourd’hui à Pointe-Coton, de ses candidats pour les élections régionales de Rodrigues du 5 février, l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) affirme « être prête pour le grand retour en vue de reconstruire l’autonomie ». C’est ce qu’a déclaré le leader du parti, Serge Clair, à Week-End, hier matin. Faisant un tour d’horizon de la situation en ce début de campagne, il a lancé une sévère mise en garde contre les pratiques de « donn bagaz » (bribe électoral), avec l’utilisation des fonds publics. Il a demandé au Premier ministre, Navin Ramgoolam, d’intervenir auprès du ministre de Rodrigues et leader du Mouvement Rodriguais pour qu’un terme soit mis à ces abus. D’autre part, le député de l’OPR, Francisco François, qui était donné comme démissionnaire de l’Assemblée nationale pour se porter candidat à ces élections régionales, a abandonné ce projet en faisant de la place pour une troisième candidate dans l’équipe de l’OPR.
« Le thème de la campagne électorale de l’OPR est le grand retour en vue de reconstruire l’autonomie. Le scrutin du 5 février marquera la rupture avec ce qui s’est passé à Rodrigues au cours de ces cinq dernières années, soit depuis 2006. Nous assistons à une véritable usurpation de l’autonomie par le ministre de Rodrigues, qui se substitue au chef-commissaire. L’objectif du ministre est de détruire l’autonomie. Mais après le 5 février, nous allons mettre bon ordre dans ces affaires », a déclaré Serge Clair.
« Mo dimann Premye minis dire so minis Rodrigues dire so banne politiciens dan Rodrigues arrête servi larzan gouvernma comme bribe élektoral pou asté konsyans Rodriguais. Mo dimann aussi à bann minis Moris pa mette zotte néné dan kanpagn élektoral Rodrigues », a réclamé le leader de l’OPR lors d’un point de presse à Mont-Lubin, vendredi dernier.
Serge Clair s’insurge contre le fait qu’à la veille des élections régionales, des démarches ont été entreprises pour tenter d’allouer 2 000 permis de morcellement agricole ou encore un millier de baux résidentiels, commerciaux ou industriels. « Ce qui se passe à Rodrigues est inacceptable dans n’importe quelle démocratie qui se respecte. Des maisons du Trust Fund sont allouées avec pour message aux bénéficiaires que « c’est le MR qui vous a donné cette maison ». Ce scénario se répète pour ce qui est des activités de la National Empowerment Foundation », ajoute-t-il.
Pour le rassemblement du jour, le leader de l’OPR prévoit des interventions d’au moins un orateur par région. Sur les 18 candidats prévus, trois sont des Rodriguaises. Au nom des autres candidats de l’OPR, l’un d’entre eux prendra un engagement public en vue de respecter les dix commandements de l’OPR pendant la durée du mandat. « Tous les autres candidats ont déjà pris le même engagement devant les délégués des différentes régions », a-t-il ajouté.
Tout en dénonçant la politique du MR à la tête de l’Assemblée Régionale, que ce soit dans la protection du lagon, du développement du secteur de l’eau, de la production agricole ou encore de l’éducation, Serge Clair a souligné que que « l’OPR ne vise aucune confrontation avec Maurice. Nous n’utilisons pas l’arme du chantage pour faire avancer nos projets te nos idées. Nous ambitionnons de faire de l’autonomie un véritable exemple de succès au sein de la République. »
———————————————————————————————————————————
JOHNSON ROUSSETY: « Le FPR n’a pas les moyens mais a des convictions »
Le leader du Front Patriotique Rodriguais (FPR), Johnson Roussety, multiplie les initiatives sur le terrain en vue de faire la différence avec les deux autres partis traditionnels, l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) et le Mouvement Rodriguais (MR). Ce parti subira une première grande épreuve aujourd’hui, avec la présentation de ses candidats lors d’un rassemblement prévu à Grand-Baie.
Ainsi, au cours de la semaine écoulée, le FPR a convoqué une assemblée des délégués dans la région de Baie-du-Nord en vue d’entériner le principe de la participation aux prochaines élections régionales et d’avaliser une liste de 22 aspirants-candidats avant le choix final des 18 investitures dévoilées aujourd’hui. « Le FPR fonctionne sur des bases démocratiques. Les décisions ne relèvent pas seulement de l’humeur du leader du parti. Les délégués sont partie prenante de la vie du parti », déclare Johnson Roussety.
Le leader du FPR se montre également très critique envers un important groupe d’affaires du privé et très proche de l’hôtel du gouvernement. « De gros intérêts du privé de Maurice se sont jetés dans la bataille électorale en vue de soutenir et de sauver le MR, qui se trouve en difficulté. Des représentants de ce groupe tentent d’intervenir en faveur du MR, mais ils ne se rendent pas compte que leur démarche fera plus de tort que de bien à ce parti, car l’argent ne peut pas tout acheter », dit-il.
« Le FPR participe à ces élections avec confiance sur la base d’un manifeste et d’une équipe. Nous ne disposons pas d’énormes moyens mais nous avons la conviction de bien faire », conclut le leader du FPR, dont le thème de la campagne sera l’autodétermination pour Rodrigues, soit davantage de pouvoirs politiques pour l’Assemblée Régionale.
———————————————————————————————————————————
NICOLAS VON MALLY: « Bonne ambiance »
« Tout se passe pour le mieux. Nous venons d’apporter une dernière touche à la liste des candidats. L’atmosphère est correcte à Rodrigues. Il y a un feel good factor avec les gros développements qu’il y a eus dans l’île, surtout depuis que Gaëtan Jhabeemissur a assuré les fonctions de chef commissaire. Les travaux sont passés à la vitesse supérieure avec la bonne entente du gouvernement central et régional. Nous avons nos partisans à Mourouk où, après la présentation de nos candidats, nous célébrerons la fête le roi boire. Avec la campagne, cette célébration prendra un autre aspect. »