C’est un « budget cosmétique » qu’a présenté le ministre des Finances vendredi, a martelé jeudi le député MMM de Curepipe-Midlands. Satish Boolell est d’opinion que le budget prend des pauvres pour donner aux riches. Il a fait état des contradictions et des manquements dans la politique de santé nationale du gouvernement.
Concernant le projet de transformation de Maurice en un Medical Hub, le député mauve de Curepipe-Midlands a souhaité que les autorités proposent en toute urgence un blue print dans lequel les spécificités du projet et la stratégie à suivre seront définis ainsi que les délais de la mise à exécution des mesures. « Il nous faut un cadre légal approprié pour un tel projet », a soutenu Satish Boolell, qui estime qu’un tel cadre se doit de protéger la réputation du pays contre les cas de négligence médicale.
L’intervenant du MMM est d’avis qu’il y a un paradoxe entre la promotion de Maurice en tant que destination pour le tourisme médical avec tout ce que cela entraîne en termes de fourniture de services sophistiqués et l’assistance financière qu’on donne à des malades pour se faire opérer à l’étranger. Satish Boolell a plaidé pour que les personnes qui doivent subir des opérations à l’étranger, notamment celles qui ont des revenus supérieurs à Rs 50 000, puissent également bénéficier de l’aide de l’État.
Cette assistance a été augmentée (de Rs 200 000 à Rs 500 000 pour les familles à revenus de moins de Rs 50 000) dans le budget 2012. Pour ces mêmes personnes qui sont dans l’obligation de se faire opérer à l’étranger, le député MMM a proposé que le ministère de la Santé crée un « one-stop shop » pour offrir des services d’appoint et faciliter leur déplacement.
Restant dans le secteur de la santé, Satish Boolell s’est demandé comment l’enveloppe de Rs 51 millions prévue sous l’item Rehabilitation of Drug Addicts and Alcoholics sera répartie. Le député mauve a suggéré aux autorités d’élaborer une National Drug Policy, arguant au passage que l’augmentation des droits d’accise sur la cigarette et les boissons alcooliques ne va pas occasionner une baisse sensible dans la consommation. « Ce qu’il faut peut-être, c’est de déclarer un Dry Day chaque mois. »
Satish Boolell s’est élevé contre le fait que des examens médicaux ne sont pas effectués sur les nouveaux prisonniers. Faisant spécifiquement référence à un cas de tuberculose, le député de la circonscription Curepipe-Midlands a déploré que cette maladie ne semble pas avoir une considération prioritaire de la part des autorités. « Et pendant ce temps, on veut promouvoir Maurice comme un medical hub ! Comment peut-on promouvoir le tourisme médical alors qu’on n’a pas une politique d’immunisation pour contrer le problème d’infection causé par des bêtes ? » s’est demandé le député MMM.
Le député de la circonscription Curepipe-Midlands a critiqué le Budget 2012 pour l’absence de mesures visant à réduire les prix des produits pharmaceutiques cela alors que les plus démunis de la société sont très affectés par la hausse des prix des médicaments. Satish Boolell constate également qu’aucune mention n’est faite dans le budget sur le problème du cancer qui prend de l’ampleur dans le pays avec quelque 1 500 nouveaux cas chaque année. « Il faut décentraliser le traitement du cancer dans le pays », a-t-il réclamé, tout en faisant ressortir qu’il n’y a que 9 mammographes en opération pour une population de 1,2 million d’habitants.
Le député MMM a relevé que le budget ne fait pas cas du problème de services dentaires dans les écoles. Concernant les services de gériatrie, il a proposé au ministère de la Santé d’étudier la possibilité d’ouvrir deux wards dans chaque établissement hospitalier. La question de law and order a été l’autre thème évoqué par le député de Curepipe-Midlands. Il estime que l’État ne fait pas assez en termes d’assistance aux victimes d’agression et a demandé également qu’on mette un frein aux agressions sur des touristes si l’on veut que le pays soit reconnu comme une destination de tourisme médical.
La mendicité chez les enfants, les cas d’abus sexuels et de prostitution infantile requièrent aussi l’attention des autorités, a souligné Satish Boolell.