Reza Issack, backbencher de la majorité intervenant sur le Budget 2012 hier au Parlement, a insisté sur la nécessité de développer une culture nationale du travail si l’on veut que Maurice poursuive sa progression économique. Citant la dernière édition de Jeune Afrique, il a indiqué que si le monde est malade, Maurice, elle, ne l’est pas puisque ce magazine économique la classe en première position sur 54 pays africains sur le plan de l’économie et de la démocratie, et 4e en termes de PIB. Il invite l’opposition et « certains esprits malades » à cesser de « diaboliser et d’ethniciser le budget pour en tirer un capital politique ».
Le député dénonce « les oiseaux de mauvais augure » qui prédisent des licenciements massifs l’année prochaine. Il salue la mesure de soutien financier bancaire accordée aux petites et moyennes entreprises dans le présent budget. « Donnons-leur au moins la chance de démarrer. » Au leader de l’opposition qui, déplore-t-il, a estimé que le secteur privé a obtenu plus que ce qu’il demandait, Reza Issack s’est fait le défenseur de ce secteur « qui fait vivre des milliers de familles mauriciennes après la fonction publique », et celui des « gros capitalistes qui sont le poumon de l’économie ». « Il faut aider les capitalistes et la fonction publique », a ajouté le député. « La fonction publique doit devenir plus productive si elle ne veut pas avoir à travailler le samedi comme annoncé dans le budget », a dit M. Issack. Personnellement, il trouve que cette mesure va alourdir la charge salariale puisque le travail du samedi sera considéré comme des heures supplémentaires. Il invite à ce propos à donner toute l’attention voulue au rapport du directeur de l’Audit qui dénonce une série de scandales et de dépenses inutiles dans la fonction publique : la livraison d’une commande de manuels scolaires prévue pour fin novembre dernier et reçue le 31 mai de cette année ; la mauvaise qualité des travaux de la médiclinique de Plaine-Verte qui a coûté Rs 53 M et qui n’est toujours pas opérationnelle. Et le député de suggérer « l’ouverture au public des Public Accounts proceedings. Pourquoi le public ne peut-il pas y assister ? ».
Saluant l’effort du ministre dans le Budget concernant les syndics de la NHDC, Reza Issack a critiqué certaines nominations au sein des corps para-étatiques « de personnes qui ne perform pas ». Il cite le cas d’un jeune homme habitant un complexe de la NHDC à qui il a été donné un appartement à l’étage alors qu’il n’a pas de jambes. « Il doit descendre l’escalier en se laissant glisser sur la rampe », a vivement déploré le député, avec photos à l’appui. « Ce garçon, qui prend part aux examens de SC, a demandé par voie de lettre à être relogé au rez-de-chaussée mais il n’a jamais reçu de réponse ! »
Au chapitre de la cherté de la vie, le gouvernement, dit-il, fait tout pour maintenir les prix bas en subventionnant ceux du riz, de la farine, du gaz ménager. « À La Réunion, une baguette coûte 1 euro, soit Rs 40 », a fait remarquer M. Issack, sous la réprobation générale de l’opposition. Sur la taxe de 10 sous imposée sur l’envoi de SMS, il critique « les cris de putois » en invitant plutôt à écouter les jeunes. « Les appels téléphoniques eux ne sont pas taxés. Les jeunes savent qu’ils peuvent utiliser Internet pour communiquer. Par cette taxe sur les SMS, les jeunes vont contribuer à la solidarité nationale envers les plus démunis ». Citant la scolarité et le transport gratuits, il s’agit, indique M. Issack, de responsabiliser les jeunes qui ont trop tendance à prendre pour acquis ce qui leur est offert sur un plateau.
Évoquant les discussions survenues la veille sur l’ouverture d’une ambassade en Arabie Saoudite, il indique qu’une demande aurait été faite depuis 2001 par Showkutally Soodhun et a expliqué le retard mis à réaliser le projet par le respect des procédures à observer. Il a aussi plaidé pour que les centres culturels ne deviennent pas des instruments politiques, en citant des agissements allégués du Centre culturel islamique dans le passé contre le VPM Rashid Beebeejaun.