La députée de Piton/Rivière-du-Rempart a exprimé sa déception que le Budget 2012 n’ait pas accordé l’attention voulue à la situation de la femme mauricienne. « La femme n’a pas été considérée à sa juste valeur », a observé Pratibah Bholah.
Le gouvernement, a déploré la députée du MSM, a complètement oublié la grogne de la population face à la vie chère. Les prix des denrées de base, a souligné Pratibah Bholah, ne cessent d’augmenter, mais le Budget 2012 ne propose pas des mesures incitatives appropriées pour rehausser la production alimentaire dans le pays. Selon elle, l’abolition de la taxe sur la valeur ajoutée sur l’équipement agricole ne servira à rien si les fermiers n’ont pas les moyens pour les payer et des surfaces adéquates à cultiver.
Passant ensuite à la violence contre les femmes, Pratibah Bholah a signalé que les victimes ne sont pas soutenues. La députée a fait état de l’absence d’abri pour les victimes de violence sexuelle. Elle a  favorablement accueilli la décision de créer plus d’abris pour les enfants, mais a dans la foulée suggéré la création d’un service 24 heures sur 24 à cet effet.
Le problème de logement social a aussi été pointé du doigt par la députée de Piton/Rivière-du-Rempart. « Le logement social a été une faillite totale depuis 2005. Il faut aller au-delà du programme des subventions. Qu’a-t-on fait des terres prises des barons sucriers pour construire des logements sociaux ? » a-t-elle demandé en regrettant que le Budget 2012 ne propose rien en termes d’intégration sociale.
Pratibah Bholah a fait un plaidoyer en faveur de la femme mauricienne. Tout en trouvant que la création des crèches aidera les femmes qui souhaitent travailler, elle a argué que l’accent doit être mis sur la création d’emplois de qualité pour les femmes et la possibilité pour elles de recevoir de meilleurs salaires.
Le budget, selon la députée du MSM, reste « grossièrement silencieux » sur la question de gender inequality. Le budget, a-t-elle fait remarquer, ne contribue pas à l’« empowerment » de la femme. « Un budget qui ne tient pas compte du problème du genre va à l’encontre du développement de la nation ». Les femmes à Rodrigues, a indiqué Pratibah Bholah, font aussi face à une situation difficile.
La députée de l’opposition a par ailleurs fait état de la violence dans les institutions scolaires et les gares routières. Elle est d’opinion que l’enveloppe de Rs 500 000 accordée par le ministre des Finances à chaque établissement scolaire du primaire pour sa rénovation pourrait s’avérer insuffisante. « Il faut surtout veiller à ce que les bâtiments offrent la sécurité voulue aux enfants. »
Pratibah Bholah a aussi déploré que le Budget 2012 ne donne pas l’encouragement nécessaire à la promotion de la recherche. « On ne s’intéresse plus à la recherche scientifique », a-t-elle dit, en proposant la création d’une National Research Foundation, comme tel est le cas à Singapour, pour donner une nouvelle impulsion à la recherche.