Le député MSM qui s’est évertué jeudi à faire la comparaison entre le budget de la présente année financière et celui de 2012 arrive à la conclusion que ce dernier verse dans l’ultralibéralisme. « C’est le retour à une politique ultralibérale qui ne sera qu’au détriment de la population et particulièrement ceux au bas de l’échelle », a soutenu Mahen Seeruttun. Il n’a pu s’empêcher d’égratigner au passage ses deux anciens collègues du parti, qui sont installés dans les travées du gouvernement.
En cette période de crise internationale, selon Mahen Seeruttun, il y avait une grande attente dans la population du Budget 2012 quant à un rétablissement du pouvoir d’achat. Or, au bout de deux heures d’écoute du discours présenté par le ministre des Finances Xavier-Luc Duval, cette attente s’est révélée vaine et c’est la déception totale du côté des consommateurs, surtout ceux se trouvant au bas de l’échelle salariale et les aînés, a affirmé le député du No 11.
Mahen Seeruttun a trouvé que le Budget 2012 dans sa forme et dans son contenu « est un galimatias ». Il dit relever « beaucoup d’incohérences » et des similitudes avec les budgets de la période 2005-2010, ce qui lui fait dire que « c’est du copy and paste et du rebranding ».
Le député MSM a défendu avec vigueur le budget présenté l’année dernière par Pravind Jugnauth. Un budget qui, selon lui, avait pour objectif de rétablir la confiance à plusieurs niveaux dans la population. « Pravind Jugnauth avait mis fin à cinq années de politique ultra-libérale prônée par l’Alliance sociale, et la population dans son ensemble s’était sentie soulagée. Tout en soutenant le secteur productif, il avait fait la part belle à tous les groupes vulnérables », a-t-il maintenu, en rappelant que le Budget 2011 avait préconisé au volet des logements sociaux, cinq schemes destinés aux groupes vulnérables et à la classe moyenne. « Tout le monde pouvait avoir leur part au gâteau national. »
Mahen Seeruttun a aussi trouvé étonnant que ceux qui avaient applaudi les mesures prises en 2010 par l’ancien ministre des Finances comme par exemple la Solidarity Tax et la Capital Gains Tax applaudissent aujourd’hui l’abolition de ces mêmes mesures. « Comment peut-on changer de conviction en si peu de temps ? C’est une honte ! Doit-on gouverner avec rancoeur et haine ? Doit-on faire passer nos ambitions personnelles avant le pays et le bien-être des Mauriciens ? » s’est demandé le député MSM, en ciblant ses deux ex-collègues du parti, aujourd’hui ministres.
Le député s’est demandé si ceux qui avaient applaudi l’année dernière n’avaient rien compris de la portée de ces mesures ou bien est-ce que c’est cette année qu’ils n’y comprennent rien. « À moins bien sûr qu’ils aient eu les directives pour applaudir l’abolition de ces mesures », a lancé l’orateur.
En vue d’établir le bien-fondé des mesures prises dans le Budget 2011, Mahen Seeruttun a fait référence à une observation positive faite dans le Country Report du Fonds monétaire international (FMI) après le passage des consultants de cet organisme dans le pays au début de l’année. « Le FMI avait dit qu’avec le Budget 2011 the government intends to set Mauritius on a strong growth trajectory. »
Le député s’est demandé comment la population et tous les stakeholders de la vie socio-économique du pays peuvent être convaincus du bien-fondé du Budget 2012 puisque dès le début de son discours « le ministre des Finances a prévu que le taux de croissance sera à la baisse pour la prochaine année financière ». « Xavier-Luc Duval a démontré dès le départ que les mesures annoncées ne donneront pas des résultats satisfaisants. C’est un aveu d’échec et, comble du ridicule, les membres de la majorité ont applaudi ce budget. Nou trouv zetoil avek sa bidze. »
Mahen Seeruttun a affirmé que l’élément de confiance reste le facteur principal pour la croissance et pour la bonne santé de l’économie du pays. Or, selon son constat, cet élément fait cruellement défaut en ce moment. « En ce moment la situation dans le pays est précaire. La situation par rapport au law and order est inquiétante, la corruption fait rage, le fléau de la drogue reste entier, la gestion de nos ressources en eau et en énergie par des nominés politiques laisse à désirer sans compter le gaspillage des fonds publics. » Pour le député, le Budget 2012 a répondu généreusement aux demandes du secteur privé, ce qui fait qu’il « n’est pas étonnant que le privé applaudisse ».