La résistance contre la réforme du système avec l’élimination de la classification ethnique des candidats aux élections générales s’organise et s’affiche. Rama Sithanen dévoile publiquement ses propositions de réforme électorale. Les rencontres entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le leader de l’opposition, Paul Bérenger s’accélèrent. Mais le chef du gouvernement fait preuve de parcimonie dans ses commentaires publics, après avoir indiqué sa préférence pour l’élimination de la déclaration communale sur les Nomination Forms des candidats aux élections générales.
Pour preuve, lors d’une sortie publique dans la journée d’hier à la Doha Academy of Tertiary Studies dans les Plaines-Wilhems, intervenant après le rassemblement des pro-Best Losers à la Plaine-Verte, vendredi soir, le Premier ministre a opté en faveur d’un message codé. À plusieurs reprises au cours de la cérémonie d’hier, il avait été poussé par des intervenants à se prononcer publiquement, de nouveau sur la question de Best Losers.
« Dans le ka de enn déba, sirtou dan le ka de enn déba lor réform élektoral, enn leader bizin kapav dir non », a tout simplement déclaré Navin Ramgoolam, devant un auditoire avide d’entendre viva voce la prise de position de celui-ci sur un sujet de brûlante actualité.
Cette formule lapidaire du chef du gouvernement est depuis hier sujette à interprétation quant à la confirmation de sa détermination de mener à terme le projet de réforme électorale pour éliminer la déclaration obligatoire de l’appartenance ethnique de tout candidat à des élections générales. Le point de non-retour dans la classification ethnique pour les élections semble bel et bien franchi. À ce stade, la réaction dans l’autre camp est attendue, d’autant plus que les consultations politiques abordent leur phase finale.
Ce sera la seule référence du Premier ministre au sujet, qui domine de plus en plus l’échiquier politique en ce début d’année. Pour le reste de son intervention à la Doha Academy of Tertiary Studies, il choisira de répondre aux demandes plus terre-à-terre des étudiants de cette institution académique, soit revoir la décision de la Private Secondary Schools Authority (PSSA) de l’exclure des grants, ou encore les problèmes de sécurité rencontrés par les étudiants, avec la promesse de construire une passerelle sur l’autoroute Phoenix/La Vigie à cet endroit précis.
Pourtant, à plusieurs reprises, Sadek Polin, le directeur de la Doha Academy of Tertiary Studies, avait fait appel au Premier ministre pour qu’il intervienne dans le débat en vue de trouver une formule de « best winners for all minorities ».
En début de semaine, après la séance de travail avec le leader de l’opposition, Paul Bérenger, qui avait à ses côtés Alan Ganoo, le Premier ministre avait indiqué qu’il était en mesure de proposer une « formule de garantie pour la représentation à l’Assemblée nationale de toutes les composantes de la société mauricienne ». Les deux parties en présence s’accordent à dire que les consultations politiques sur la réforme progressent de manière satisfaisante.