« L’enquête policière sur le décès de Kevin Ramdhory en cellule policière le 30 juillet est presque complétée et le dossier sera soumis au DPP incessamment. » C’est ce qu’a répondu hier au Parlement le Premier ministre Navin Ramgoolam à l’interpellation du député du MMM Veda Baloomoody.
Veda Baloomoody voulait savoir si « in regard to late M.A.K.R. (Kevin Ramdhory), who passed away while in police custody, on 30 July 2011, at the Rivière du Rempart Police Station, he will, for the benefit of the House, obtain from the Commissioner of Police, information as to (a) the date of his arrest (b) the provisional charge lodged against him (c) if other co-accused were arrested with regard to the same offence, and if so, in each case, indicate the provisional charge lodged against them and (d) the circumstances of his death ? »
Navin Ramgoolam a alors évoqué la chronologie des événements entourant le décès de Kevin Ramdhory. Il a expliqué que, selon les informations du Commissaire de police, le 17 juillet à 18 h 05 une certaine Mme MFB (42 ans) a fait une déposition pour le vol de son bracelet jaune et blanc à son domicile le même jour entre 6 h 30 et 17 h 30. Selon cette habitante de la NHDC de Bois-Mangue à Plaine-des-Papayes, le bijou vaut environ Rs 7 000. Elle soupçonnait son mari (43 ans) avec qui elle était en mauvais termes. Elle a allégué que son époux buvait trop et volait souvent des objets dans la maison.
Le 25 juillet à 9 heures, le mari a été arrêté par la police dans le cadre de l’enquête policière sur le vol du bracelet. Le quadragénaire a admis avoir volé le bijou de sa femme et de l’avoir vendu à Rs 200. Le même jour à midi, Kevin Ramdhory a été arrêté. Il a nié toutes les accusations portées contre lui. Avec son consentement, sa maison a été fouillée mais aucun objet incriminé n’a été trouvé.
Vu le manque de facilités de détention au poste de police de Plaine-des-Papayes, Kevin Ramdhory a été transféré à Rivière-du-Rempart. Le 26 juillet, une charge provisoire de « possession of stolen property » a été logé contre lui devant la Cour de district de Pamplemousses.
La police a objecté à la libération sous caution du mari et de Kevin Ramdhory. Ils ont été reconduits le 2 août en cellule policière à Rivière-du-Rempart. Le 30 juillet vers 4 h 45, l’officier de police « on sentry » a remarqué que M. Ramdhory était allongé sur le sol dans sa cellule et ne répondait pas aux appels. En ouvrant la cellule, il a découvert que l’homme s’était pendu avec un tissus (provenant de la couverture du matelas), attaché à la barre de fer de la porte.
Le 30 juillet, le fils du défunt a fait une déclaration au poste de Rivière-du-Rempart, selon laquelle il a été informé de ses droits et qu’il pouvait demander à un médecin privé d’assister à l’autopsie de son père. On lui a alors dit qu’il pouvait retenir les services d’un conseiller légal. Cependant, il n’a pas objecté à ce que le médecin de la police effectue l’autopsie et a fait part de son intention de ne pas retenir les services d’un médecin privé ou d’un conseiller légal.
Le corps de Kevin Ramdhory a été examiné le 30 juillet. Avant l’autopsie, un autre fils du défunt a été informé des droits et procédures précédant cet exercice. Accompagné de son oncle, le fils a été autorisé par le médecin légiste à examiner le corps du défunt. Dans une déclaration, il a affirmé n’avoir vu de marques ou blessures, du sang ou de traces de sang sur le corps. Il a déclaré avoir confiance en le médecin de la police, d’où sa décision de ne pas retenir les services d’un médecin privé durant l’examen post mortem.
Le rapport de l’autopsie a indiqué que le décès est dû à l’« asphyxia due to hanging ». Une enquête policière a été ouverte sur le décès de Kevin Ramdhory. Neuf officiers, qui étaient de service dans la nuit de l’incident, ont été interrogés. Ils ont été transférés afin de permettre « a smooth conduct of the enquiry ». Cinq détenus ont aussi été interrogés.
Le Premier ministre a ainsi indiqué que l’enquête policière est presque complétée. « Le dossier sera bientôt soumis au DPP pour décider de la marche à suivre », a souligné Navin Ramgoolam. Il a indiqué que la Commission nationale des droits de l’homme et le Complaint Investigation Bureau enquêtent aussi sur cette affaire, l’épouse de Kevin Ramdhory ayant logé une plainte contre les officiers en fonction ce jour-là au poste de police de Rivière-du-Rempart.